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Marché Les prix des terres s’accroissent, les disparités aussi

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En 2011, le prix des terres agricoles non bâties augmente de 6 %. La hausse concerne presque tous les segments du foncier rural : forêts, terrains résidentiels et productifs. Les écarts régionaux se creusent, tandis que les terrains à bâtir deviennent 60 fois plus chers que les terres agricoles.

Quelque 5430 € l’hectare de terre ou pré libre : tel est l’un des chiffres clés de l’analyse annuelle réalisée conjointement par la Fédération nationale des Safer et le service de la prospective et de la statistique, publiée le 30 mai. Dans un marché du foncier rural en nette reprise en 2011, le segment des terres agricoles est dynamique. En hausse de 6% entre 2010 et 2011, le prix moyen de la terre agricole libre poursuit la hausse initiée en 2010, à la faveur de taux d’intérêts réels qui restent bas et de l’amélioration du revenu agricole depuis la fin 2010. Les terres louées restent en retrait, à 3 830 €/ha en moyenne, soit une hausse de 3% en un an, tandis que le vignoble sous appellation frôle les 100 000 €/ha. Pour Robert Levesque, directeur de Scarf Terre d’europe, la hausse des prix s’explique par plusieurs facteurs : des besoins croissants en terres agricoles, leur qualité de valeur refuge, ainsi que la réduction du marché des terres libres. En effet, 2011 est marqué par un changement symbolique mais notable : pour la première fois, les échanges de biens déjà loués deviennent plus importants que les échanges de biens libres. Une tendance qui pourrait pénaliser les installations, interprète la FNSafer.

Les terres en grandes cultures sont les plus chères

Ces prix moyens des terres agricoles cachent de fortes disparités selon les types de productions d’une part et selon les régions d’autre part.
Les prix des terres libres varient par exemple de 4 150 €/ha dans les zones d’élevage à 6 000 €/ha dans les zones à dominante céréalière et s’élèvent en moyenne à 5 800€/ha en polyculture-élevage. Le Bassin Parisien, les plaines du Nord affichent les tarifs les plus élevés, dépassant souvent les 6 500 €/ha (voir tableaux). Des niveaux comparables à ceux atteints sur le pourtour méditerranéen, où une agriculture souvent maraîchère et fruitière irriguée, à forte valeur ajoutée et proche des bassins de consommation, pousse les prix à la hausse.

L’écart se creuse entre terres productives et résidentielles

2011 confirme une autre tendance observée depuis 1997 : les écarts de prix entre les terres productives (agricoles et forestières) et celles destinées à l’urbanisation continuent de se creuser. Les prix des terrains à bâtir, à titre d’exemple, ont été multipliés par 3,6 depuis 1997 et deviennent en moyenne nationale 60 fois plus chers à l’hectare que les terres et prés libres. La pression de l’urbanisation reste donc très forte. Ce sont bien les grandes métropoles régionales, la vallée du Rhône et les littoraux qui sont les plus soumis à l’artificialisation.
Pour enrayer le phénomène, la France a adopté en juillet 2011 une réforme de la taxation sur les plus-values. Ce durcissement est entré en vigueur au 1er février 2012. Impossible pour l’instant de dire si il a eu l’effet escompté, estime la FNSafer. Elle a pourtant influencé le marché des transactions foncières, en accélérant les ventes, fin 2011.
Un autre chiffre de ce bilan annuel retient d’ailleurs l’attention : alors que les agriculteurs sont parfois accusés de conserver les terres pour réaliser des plus-values, ce bilan estime qu’en 2011, ils n’ont profité des plus-values, qu’à hauteur de 7 % sur le marché de l’urbanisation et de moins de 2% sur le marché des maisons de campagne. En valeur totale, ce sont les particuliers non agriculteurs qui sont les premiers à bénéficier des 5 milliards d’euros que totalisent les plus-values sur les segments de l’urbanisation et des maisons de campagne.

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