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Débat Les pro-OGM avancent l’argument de la compétitivité

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« Refuser les OGM, c’est mettre à mal la compétitivité de l’agriculture française ». Tel a été le credo des professionnels des filières agricoles invités à s’exprimer le 19 janvier devant la mission d’information parlementaire sur les organismes génétiquement modifiés. Les partisans des plantes transgéniques estiment également que refuser l’implantation des OGM en France revient à priver les agriculteurs d’une liberté de choix dans leur mode de production agricole.

Ils étaient huit et ils se sont serrés les coudes, au sens propre comme au sens figuré. Tous alignés devant les députés, dans une salle de travail au sous-sol du Palais Bourbon, les représentants des semenciers et des productions agricoles les plus concernées par les OGM, ont délivré le 19 janvier un message sans équivoque : un refus durable des OGM pénaliserait la compétitivité de l’agriculture française. Chacun y est allé de sa formulation. « On a un besoin impératif de gain de productivité avec la réforme de l’OCM – organisation commune de marché – sur le sucre ; et on compte sur les OGM » pour y remédier, témoigne Marc Richard-Molard, directeur technique de l’ITB, l’Institut technique de la betterave industrielle. Pour Bernard Delsuc, vice-président de l’AGPM (producteurs de maïs), l’enjeu est phytosanitaire, et à double titre : selon lui, les OGM sont l’unique moyen pour lutter contre un insecte ravageur tel que Diabrotica, et ils permettent de manière générale de réduire fortement l’utilisation de pesticides. L’argument économique est également avancé par Xavier Beulin, le président de la Fédération des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP). Selon lui, la culture du soja transgénique permet aux Américains d’avoir un avantage comparatif sur les Européens en matière de désherbage, de l’ordre de 50 à 100 (voire 120) euros par hectare.

« Laisser la liberté de choix aux agriculteurs »

« On creuse consciencieusement notre tombe, et l’ensemble de notre recherche génétique est en danger», s’alarme de son côté Christian Pees, vice-président de Coop de France et président d’Euralis. Pour Daniel Chéron, directeur général adjoint de Limagrain, « ne pas pouvoir faire d’essais au champ, c’est remettre en cause notre métier de semencier (...) alors que dans le même temps on verse plus de 20 millions de dollars de royalties (à d’autres firmes semencières) pour pouvoir mettre sur le marché quelques gènes incontournables ». Les professionnels dénoncent le risque de voir la France et l’Europe dans une situation de dépendance « f ace à 2 ou 3 grands consortiums internationaux », insiste Xavier Beulin. Autre argument, celui de laisser la liberté de choix à l’agriculteur : « Accepter les OGM, c’est créer les conditions d’une liberté de choix dans les pratiques agricoles, pour laisser ensuite le choix au consommateur », résume Michel Gracien, directeur du GNIS. L’argument se retrouve dans la bouche de Stéphane Pasteau, directeur scientifique chez Monsanto Agriculture France SAS. Pour celui-ci, « l a question est de savoir comment les agriculteurs peuvent exercer leur choix ». Il appelle à une introduction « progressive et maîtrisée » des OGM en France. 

Les conclusions de la mission d’information parlementaire sur « les enjeux des essais et de l’utilisation des organismes génétiquement modifiés » sont attendues pour la fin mars-début avril. Créée en octobre 2004, la mission d’information est présidée par Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle) et a pour rapporteur Christian Ménard (UMP, Finistère). La prochaine table ronde – la dernière semaine de janvier – donnera la parole aux associations environnementales et consuméristes.

 

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