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Manifestations Les producteurs agricoles ont multiplié les actions de protestation

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En attendant la journée du 16 octobre, de nombreuses actions de protestations menées par des agriculteurs ont vu le jour dans plusieurs villes de France. Des manifestations organisées par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes agriculteurs (JA) du 29 septembre au 1er octobre 2009 pour s’opposer à la dérégulation des marchés et la chute des prix. D’autres actions de mécontentement devraient se renouveler lundi 5 octobre à Bruxelles et dans le Finistère Sud.

Les 29, 30 septembre et 1er octobre 2009, des producteurs de lait, de viande, de céréales et de fruits et légumes de la France entière ont multiplié les manifestations, à l’appel de la FNSEA qui n’avait pas soutenu la grève du lait lors de son commencement, et des JA. D’autres actions symboliques de protestations sont à prévoir le 5 octobre, quelques jours avant la journée nationale d’action prévue le 16 octobre.
À Paris, jeudi 1er octobre, la façade du Trocadéro à été recouverte de banderoles par des agriculteurs voulant interpeller « l’opinion et les pouvoirs publics sur le besoin de perspectives des jeunes agriculteurs ». Même phénomène à Lourdes où une banderole interpellant l’opinion a recouvert l’entrée des Sanctuaires. Dans la nuit de mardi à mercredi, la ville de Chartres n’a pas été épargnée non plus. Des agriculteurs ont accroché une banderole sur le portail sud de la cathédrale indiquant « Chartres sans sa cathédrale, c’est comme l’Eure-et-Loir sans son agriculture, nos productions ont un prix ». La FDSEA d’Eure-et-Loir et les Jeunes agriculteurs ont organisé une manifestation dans la ville le 1er octobre. « Les agriculteurs vendent leurs productions en dessous des prix de revient », a noté Eric Thiroin, président de la FDSEA 28. Afin de sensibiliser l’opinion publique, les agriculteurs beaucerons ont donc déversé plusieurs dizaines de tonnes de pommes de terre, de blé et d’oignons sur la place des Epars à Chartres. Ils ont ensuite organisé une distribution gratuite au public avant de demander au président de la République un « véritable plan de relance ».

Solidaires des producteurs de lait
D’autres manifestations d’agriculteurs issus des filières du lait, élevage, céréales et fruits et légumes ont également eu lieu à Strasbourg cette semaine. Mardi 29 septembre au soir, ils ont allumé des feux sur une vingtaine de parcelles. « Europe n’oublie pas qui nourrit tes enfants », « Chez nous aussi il y a des suicides », indiquaient des banderoles arborées par les producteurs en guise de protestation contre la dérégulation des marchés, jeudi 1er octobre. Autre source de protestation des producteurs : la baisse des cours de céréales. Enfin, tous se sont montrés solidaires envers les producteurs de lait. Après un défilé de plus de 1 500 tracteurs selon les syndicats agricoles, un millier selon la police, les manifestants ont déversé des pommes de terre, des choux, du maïs et divers fruits et légumes sur la chaussée. Les agriculteurs du Bas-Rhin se sont également tournés vers l’Etat français pour solliciter son aide. Le président du conseil général du Bas-Rhin, Guy Dominique Kennel, et celui du conseil régional d’Alsace, André Reichardt (UMP) sont néanmoins venus apporter leur soutien aux agriculteurs. Le point final de cette action symbolique a consisté à noyer, dans une piscine remplie de lait, une marionnette à l’effigie de Mariann Fischer-Boel, commissaire européen chargée de l’agriculture et du développement rural. Ils l’ont ensuite brûlée. Une action quasi-similaire a eu lieu à Chasseneuil-du-Poitou, près de Poitiers devant la maison de Jean-Pierre Raffarin, où environ soixante-dix producteurs de la Vienne ont construit une piscine de lait. Le mouvement de manifestations, qui a touché également Bordeaux, Toulouse, Auch et Arles, revêt donc une dimension nationale. Mais pas seulement.
D’autres manifestations sont à prévoir en début de semaine prochaine hors des frontières françaises. Les producteurs de lait européens ont en effet choisi de protester à Bruxelles, lundi 5 octobre, date à laquelle les ministres de l’Agriculture de l’UE vont se réunir dans la capitale belge pour revendiquer des aides au niveau européen. Le même jour, les producteurs de lait vont également être soutenus depuis le Finistère Sud par les seize mairies de la COCOPAQ (Communauté des communes du Pays de Quimperlé). Un soutien qui se traduit par l’organisation d’une journée intitulée « mairies mortes » correspondant à la fermeture de l’ensemble des services administratifs.
Source : AFP

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