Les producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique veulent accélérer le mouvement de réduction des pesticides et de préservation de l’emploi à travers un programme de six ans. Ce programme, appelé « Plan banane durable » devait être présenté le 5 décembre par l’Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN) en présence de Michel Barnier.
Le 5 décembre à la Martinique, l’UGPBAN devait présenter son « Plan banane durable », qui consiste – sur 6 ans, de 2008 à 2013 –, à accélérer la réduction de l’utilisation des pesticides par des méthodes alternatives et à préserver l’emploi des 709 planteurs et des 10 000 emplois qui tournent autour de cette activité. Il s’agit du premier secteur d’emploi privé dans les Antilles. Le 4 décembre, dans les Antilles, on attendait l’annonce des montants financiers correspondant à ce plan ainsi que certains financements communautaires et français, notamment pour la recherche.
Phytosanitaires : seulement quand c’est nécessaire
Dans une région encore très marquée par la crise du chlordécone, l’impératif écologique est prioritaire. De 1996 à 2006, les producteurs des deux îles ont réduit de 60% leur utilisation d’insecticides et nématocides, selon l’UGPBAN, citant le Cirad (Centre international de recherche agronomique pour le développement). Mais le renouvellement massif des plants de banane après le passage du cyclone Dean, fin août 2007, leur donne l’occasion de repartir sur des bases neuves. Ils veulent donc « accélérer la démarche de progrès ».
Leurs méthodes : d’abord ne recourir aux phytosanitaires qu’en cas de nécessité, confirmée par des examens en plein champ. Ensuite, employer autant que possible des molécules actives d’origine naturelles. Enfin, intensifier la recherche avec le Cirad sur les variétés résistantes à la cercosporiose, un champignon qui attaque les feuilles, considéré comme « le pire ennemi des bananiers ».
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Une certification « Banagap »
Un référentiel certifiant des conditions répondant aux critères de la production durable sera créé. Pour être certifié « Banagap », nom de ce référentiel, les producteurs devront par exemple laisser un couvert végétal pour limiter l’emploi des herbicides. De même, au lieu de traiter systématiquement contre les charençons, ils devront d’abord mesurer l’étendue de l’infestation par des piégeages d’insectes au sol. En outre, la monoculture sera proscrite, les bandes enherbées seront obligatoires à moins de 10 mètres des cours d’eau et au moins 10% de la surface devra être en jachère ou en rotation.
La certification « Banagap » comportera aussi un volet social axé sur la formation des salariés : les producteurs devront cotiser à un fonds de formation du personnel et un des critères sera aussi la représentativité des salariés dans les organisations syndicales.
Enfin, pour être vraiment durable, la banane antillaise ne devra pas manquer l’objectif économique de compétitivité, et ce d’autant plus que les protections douanières de la banane UE et ACP sont attaquées à l’OMC. Le volet économique comportera l’amélioration des voiries et l’extension des surfaces irriguées, la construction de stations collectives de conditionnement des bananes et un soutien à la mécanisation (véhicules aménagés, rotobêches, pulvérisateurs).