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Biocarburants Les producteurs de bioéthanol demandent un cadre réglementaire stable

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La défiscalisation dont bénéficient les biocarburants est menacée. Les producteurs de bioéthanol s’inquiètent pour leur filière qui est encore jeune et pourrait ne pas résister aux importations venant des Etats-Unis ou du Brésil. Ils ont fait valoir leurs arguments à l’occasion des premières journées du bioéthanol organisées le 9 novembre à l’assemblée nationale.

«Il faut avoir un cadre fiscal et douanier qui préserve notre industrie en assurant sa compétitivité par rapport aux énergies fossiles et par rapport aux importations », a appellé le député Nouveau centre de la Somme, Stéphane Demilly, en clôture des premières rencontres du bioéthanol, qu’il co-organisait avec le Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA), mardi 9 novembre à Paris. La directive européenne énergie-climat demande que la part des énergies renouvelables dans le secteur des transport soit de 10% à l’horizon 2020. « Les biocarburants seront la principale énergie renouvelable pour atteindre cet objectif. Il y aura aussi l’énergie électrique mais elle ne représentera pas grand chose puisque seule l’électricité produite à partir de sources renouvelables peut être comptabilisée », a expliqué Yves Lemaire, responsable de l’Industrie pétrolière et nouveaux produits énergétiques à la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) du ministère du Développement durable.

Maîtriser les importations
Les producteurs de bioéthanol s’inquiètent de la remise en cause possible l’année prochaine de la défiscalisation des biocarburants. Le calendrier établi par les pouvoirs publics arrive en effet à échéance en 2011. « La réouverture des discussions entre l’UE et le Mercosur risque de nous porter préjudice », s’inquiète également Bruno Hot, président du SNPAA. « Nous souhaiterions que les importations soient maîtrisées et adaptées au rythme de la croissance de la production communautaire. On ne peut pas se passer du développement des biocarburants pour atteindre les objectifs du paquet climat-énergie, autant que cela profite à notre production locale », indique-t-il. Ce que confirme le député Nouveau centre de la Marne, Charles de Courson : « Si nous allons vers une politique trop libérale en matière de biocarburants, nous allons à la catastrophe écologique ».

Développer la demande
Aujourd’hui la production française de diesel est d’environ 23 millions de tonnes et celle d’essence de 20 Mt. Alors que la consommation atteint 33 Mt pour le diesel et 10 Mt pour l’essence. « La réalité du marché automobile n’est pas favorable à l’essence et donc au bioéthanol », explique Pascal Barthelemy, directeur général adjoint de l’Institut français du pétrole (IFP). Pour Charles de Courson, « il y a un paradoxe entre la très forte demande en diester alors que la production est limitée techniquement par les faibles rendements des oléagineux et d’un autre côté le bioéthanol où les rendements sont beaucoup plus importants mais la demande plus faible ». Les producteurs demandent que la réglementation laisse le temps à la filière de s’organiser pour devenir compétitive mais aussi pour que la demande puisse progresser. Les pompes de SP95-E10 (10% de bioéthanol) se déploient peu à peu mais beaucoup moins vite que ce qui était attendu. Pourtant ce carburant doit devenir la référence d’ici 2013. Le super éthanol E85 peine à trouver sa place. Stéphane Demilly demande « la relance du comité de suivi pour le développement de la filière superéthanol ». Mais pour atteindre l’objectif communautaire de 10% d’énergies renouvelables en 2020 ces deux produits ne suffiront pas. « Le lancement de l’E15 est une nécessité pour atteindre cet objectif, mais c’est une réflexion à avoir au niveau européen, il ne faut pas que ce soit un carburant franco-français », estime Yves Lemaire.

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