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Organisation de producteurs Les producteurs de blé veulent continuer à participer à la croissance

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L’Association générale des producteurs de blé (AGPB) a tenu, le 12 juin, une conférence de presse, précédant son conseil d’administration. L’occasion de présenter les grands sujets qui préoccupent aujourd’hui les administrateurs de l’association, telle que l’inscription de l’AGPB dans les objectifs de croissance et d’emploi, visés par le nouveau gouvernement. Un point sur l’état des cultures et les prévisions de récolte a aussi été présenté.

«Nous voulons nous inscrire pleinement dans les objectifs de croissance et d’emploi du nouveau gouvernement », a déclaré Jean-François Isambert, secrétaire général de l’AGPB, lors d’une conférence de presse à Paris le 12 juin. Selon lui, les producteurs de grandes cultures en produisant « plus, pour la croissance, et mieux, pour l’environnement » peuvent participer à l’atteinte de ces objectifs. Rappelant que les exportations de céréales rapportaient « 7,5 milliards d’euros à notre balance commerciale fortement déficitaire », Jean-François Isambert a expliqué que l’accroissement de la production permettrait de créer des emplois, via les sociétés s’occupant du trafic des céréales, et de répondre aux besoins alimentaires et en énergies renouvelables, en croissance.

Si la croissance stagne en Europe, elle progresse ailleurs

Admettant une situation économique peu porteuse en Europe, Jean-François Isambert a indiqué que des relais de croissance se trouvaient en Chine, en Amérique latine ou en Afrique. « La Chine peut espérer une croissance de 8,5% en 2012, selon l’ambassade de France dans ce pays », a souligné le secrétaire général de l’AGPB. « L’inflation est maîtrisée et le prochain plan quinquennal chinois prévoit une hausse des salaires de 15% par an », a poursuivi Jean-François Isambert. Il a aussi évoqué une croissance attendue de 5 à 6% pour le continent africain. À ce sujet, Pierre-Olivier Drège, directeur général de l’AGPB, a indiqué que le sud de la Méditerranée constituait l’essentiel des débouchés des blés français et que le Maroc, ayant subi une sécheresse cette année, devrait passer d’importants achats de céréales. Le reste du Maghreb devrait aussi être présent sur les marchés d’importation, selon lui. « L’Egypte devrait rester en demande sur les céréales d’importations dans les prochaines années, avec une hausse de 50% des besoins du pays attendue d’ici 20 ans », a expliqué Pierre-Olivier Drège, indiquant que sur cette période l’Egypte gagnerait 20 millions d’habitants.

Une compétitivité française à défendre

Soulignant la stabilité climatique française, Jean-François Isambert a souligné l’atout de cette situation pour l’agriculture. Cependant, pour répondre à nos marchés, intérieurs et d’exportations, il estime que « les surfaces cultivées en blé en France étant stables, et ne pouvant dépasser les 5 millions d’hectares (Mha), il faudra faire croître la production, et donc les rendements, de 20% d’ici 20 ans ». Selon lui, ceci implique une hausse annuelle de 0,6q/ha des rendements en blé, ainsi qu’une recherche en sélection tournée vers la productivité et la résistance aux stress divers. « Il faut améliorer la résistance aux maladies, et permettre d’optimiser la consommation d’intrants », a souligné Jean-François Isambert au sujet de la recherche variétale souhaitée par les producteurs de blé. Concernant la compétitivité des blés français vers le sud de la Méditerranée, si l’Algérie reste un partenaire privilégié pour la France, l’Egypte s’est à nouveau majoritairement tournée vers la mer Noire pour satisfaire ses besoins en blé cette année. Spécialement vers la Russie, depuis que le pays ne freine plus ses exportations de céréales. À ce sujet, Jean-François Isambert a déclaré que « la compétitivité des céréales françaises se fera par un ajustement des prix face aux concurrents de la mer Noire ». Actuellement, malgré un euro faible, les exportations de céréales françaises n’augmentent pas, ce qui serait dû, selon les administrateurs de l’AGPB, à un effet d’intersaison, les besoins étant satisfaits à l’intérieur comme à l’extérieur.

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