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FNPF Les producteurs de fruit lancent une marque valorisant « l’origine France »

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Les dirigeants de la Fédération française des producteurs de fruits (FNPF) ont annoncé le 28 janvier lors de leur congrès à Valence le lancement d’une marque collective valorisant « l’origine France ». Ils entendent ainsi reconquérir le marché intérieur français autrement que par les prix, par une stratégie de différenciation de leurs produits. Présent à leur congrès, le ministre de l’Agriculture a annoncé des avancées dans le dossier de la sharka, un ravageur des arbres à noyaux, et dans celui de l’assurance contre les aléas climatiques.

Les producteurs de fruits de la FNPF, branche spécialisée de la FNSEA, ont présenté le 28 janvier lors de leur congrès national à Valence une marque collective, valorisant « l’origine France ». Cette marque collective, appelée « Fruidissi », est destinée à accroître la valeur de leurs productions.

Compenser les surcoûts français
Les producteurs savent que sur le terrain des prix, ils sont pénalisés par des coûts supérieurs à ceux de leurs voisins. Ils ont donc opté pour une stratégie de différenciation de leurs produits, après l’échec de la « segmentation stratégique » du début des années 2000, démarche qui tentait de découper le marché en plusieurs segments (le premier prix, le cœur de gamme, la découverte).
La marque « Fruidissi » devra correspondre à trois critères de qualité, a expliqué Pascal Clavier, secrétaire général adjoint de la FNPF et arboriculteur dans le Cher : la qualité gustative, la proximité et les bonnes pratiques environnementales. La qualité gustative est un défi que les producteurs ne pourront pas se permettre de rater, les consommateurs reprochant déjà aux fruits, français ou non, d’être décevants sur le plan organoleptique (arômes, saveurs, texture), a précisé Pascal Clavier. Fruidissi « devra remplir ses promesses » de goût et de maturité, a ajouté François de Sars, directeur du cabinet Ipsos à Lyon.
À propos des surcoûts français, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, qui s’est rendu au congrès de la FNPF, a rappelé qu’il ne serait pas possible de libéraliser complètement l’économie et que si l’enjeu ne devait porter que sur le terrain des prix, « nous (l’économie française) ne pourrions pas tenir ».

Une assurance récolte en 2011 pour l’arboriculture ?
Le ministre de l’Agriculture, qui s’est rendu au congrès de la FNPF, a annoncé des avancées sur plusieurs dossiers. S’il a rappelé des mesures déjà connues, comme l’intégration des cotisations sociales dans la procédure Agridif (dispositif des agriculteurs en difficulté), Bruno Le Maire a indiqué que la participation de l’État à la caisse de solidarité dans la lutte contre la sharka, virus dévastateur des pruniers, abricotiers et pêchers, sera portée de 50% à 65%, la partie restante étant financée par les professionnels. À partir de 2011, la caisse de solidarité bénéficiera de fonds communautaires.
Autre ouverture : l’espoir de lancer l’assurance contre les aléas climatiques et sanitaires en 2011 en arboriculture. « Il faut un système de réassurance privée et publique. Cette réassurance figurera dans la LMA », a déclaré le ministre.
Lors d’un débat le 27 janvier entre Luc Lapèze, président français des producteurs de prunes et Bruno Lepoivre, directeur du marché des professionnels chez Pacifica (Crédit Agricole), celui-ci s’est déclaré d’accord. Pour l’instant seules 2% des surfaces arboricoles sont couvertes par l’assurance récolte en France. En Espagne, le taux pour ce secteur est de 76%. Pour Luc Lapèze, les assureurs se décideront quand ils auront la certitude que la réassurance par l’État fonctionnera. Les producteurs misent à ce sujet sur la loi de modernisation de l’agriculture qui prévoit un tel mécanisme.
Luc Lapèze compte sur l’exemple des producteurs de pruneaux à la coopérative France Prune, dans le Lot-et-Garonne. Sous son impulsion, 4 500 hectares de pruneaux ont été couverts contre le risque dû à la grêle, après avoir rendu obligatoire l’assurance contre ce fléau. « Nous espérons couvrir les 8 500 hectares de production du pruneau en France, avant d’étendre le système à toute l’arboriculture ». Après la grêle, l’objectif visé est de couvrir les risques de sécheresse, tempête et pluies excessives, selon Luc Lapèze.

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