À l'heure où la loi d'Avenir fait la navette entre le Sénat et l'Assemblée nationale, les producteurs de fruits et légumes ont eu un rendez-vous à l'Elysée. L'occasion de discuter de leurs craintes, notamment sur l'ouverture des interprofessions.
LA production fruitière et légumière a pu faire entendre sa voix, le vendredi 25 avril, auprès de Philippe Vinçon, le conseiller agricole du président de la République. Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France ainsi que Patrick Trillon, président du conseil spécialisé fruits et légumes de FranceAgriMer, étaient présents. Luc Barbier est ressorti « déçu » de cet entretien : « J'ai l'impression que l'on écoute sagement ce que nous dit le gouvernement alors que nous nous avons des vrais problèmes de compétitivité, de parts de marché, etc. Il continue d'y avoir des verrouillages ». Quant à Patrick Trillon, il estime avoir été écouté, désormais « il attend des actions ». Si, lors du prochain conseil spécialisé de FranceAgriMer, le 17 juin, « rien n'est fait à ce moment-là, nous verrons comment agir », continue Patrick Trillon.
Rôle des interprofessions
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La réunion élyséenne a porté, entre autres, sur le rôle de l'interprofession et ses évolutions. « Nous voulons un organe technique et pas politique », revendique Luc Barbier. « Nous devons conserver des interprofessions en mesure d'agir », ajoute Patrick Trillon. En ligne de mire, l'ouverture aux minoritaires des interprofessions actée dans la loi d'Avenir. Autre sujet : la mise en place des plans stratégiques des filières à horizon 2025. Les producteurs sont très peu rassurés quant aux restrictions imposées sur les produits phytosanitaires. Et particulièrement par le transfert à l'Anses des Autorisations de mise sur le marché (AMM) prévu par la loi d'Avenir. De plus, ils se disent inquiets quant au manque de recherche et d'innovation dans les filières fruits et légumes. Les contours du Pacte de responsabilité restent également un sujet alarmant pour le président de la FNPF. Au cœur des discussions également, la modernisation des exploitations et l'allègement des charges : « Nous sommes un des secteurs les plus pourvoyeurs de main-d'œuvre », rappelle Patrick Trillon.