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Fruits et légumes Les producteurs de fruits et légument cherchent à réduire leurs charges

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Un projet consistant à inclure les charges de main-d’œuvre dans la TVA, afin de les récupérer en fin d’exercice, a été présenté au congrès de Légumes de France le 20 novembre à Cavaillon. L’objectif de ce projet est d’établir plus d’équité avec les pays concurrents, qui ont de faibles charges. C’est maintenant à la FNSEA de se prononcer.

La FDSEA du Vaucluse, Légumes de France et la Fédération nationale des producteurs de fruits portent un projet consistant à inclure les charges sociales sur la main-d’œuvre dans la TVA, afin de les récupérer en fin d’exercice. Ce projet, détaillé lors du congrès de Légumes de France le 20 novembre à Cavaillon, est à l’étude à la FNSEA et a le soutien de quatre députés de la région Paca, a indiqué André Bernard, président de la FDSEA du Vaucluse et membre de Légumes de France.

Récupérer lors des années de bas revenu
Parmi ces quatre députés, Jean-Claude Bouchet, député-maire de Cavaillon, a mentionné ce projet : « Nous devons avancer sur le dossier de crédit de TVA sous forme d’allègement des charges », a-t-il déclaré à l’ouverture du congrès le 19 novembre.
« Pourquoi ne pourrait-on pas récupérer les charges sociales quand on embauche des salariés, alors qu’on récupère la TVA quand on achète du matériel, des engrais et des phytos ? », s’est exclamé André Bernard. Selon ce système, les producteurs employeurs de main-d’œuvre ne récupéreraient pas de charges lors des années de revenu élevé, mais en récupéreraient les années de bas revenu. Avantages : les producteurs français gagneraient ainsi, les années de crise, en compétitivité avec les pays partenaires européens à bas salaires et à faible couverture sociale, comme l’Espagne et l’Allemagne avec leurs salariés agricoles ; il s’agirait aussi d’une incitation de l’État à prendre des mesures anti-crise pour éviter d’avoir à rembourser les charges sociales.

Angélique Delahaye : parvenir à convaincre vite
« Tant que l’on ne fera pas l’Europe sociale », on ne pourra mettre au point que des solutions « transitoires et franco-françaises », a indiqué le 20 novembre Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France. « Il faut arriver à convaincre nos interlocuteurs des pouvoirs publics de la nécessité de mettre en place des solutions non conventionnelles (comme le crédit de TVA). Mais il faut faire vite, car nos exploitations disparaissent plus vite que les solutions n’arrivent ».
Lors d’un débat organisé le 20 novembre, second jour de ce congrès, les producteurs ont reconnu que la voix des professionnels de l’agriculture passe mal dans l’opinion sur des sujets directement liés à la compétitivité de la filière française des fruits et légumes, comme les distorsions phytosanitaires entre la France et les pays qui s’imposent une règlementation laxiste.

Environnement : impliquer davantage les consommateurs
Le Grenelle a durci les obligations dans le domaine phytosanitaire. Sur ce sujet des pesticides, les préoccupations agricoles « ont été inaudibles » parce que « l’enjeu du Grenelle était un problème de société et non un sujet agricole », a précisé Angélique Delahaye.
Selon elle, il faudrait que la voix de la production puisse être entendue par les citoyens-consommateurs sur la question phytosanitaire, pour éviter leurs incohérences quand ils sont consommateurs. Les producteurs pourraient mieux se passer de ces produits si les citoyens-consommateurs étaient mis en face de leurs choix quand ils demandent à la fois moins de traitements phytosanitaires et des fruits ou des légumes sans taches, a-t-elle détaillé.
« Vous ne faites pas assez connaître vos problèmes aux élus », a rétorqué Christine Hummel, sénatrice du Var, à un intervenant maraîcher, qui, très amer, a déclaré que « faire appel aux élus ne sert à rien » et que « les agriculteurs sont les seuls qui ont le devoir de vendre à perte ». « Je pense qu’il faut que vous demandiez aux parlementaires de les rencontrer et de leur proposer des stages de formation sur les questions agricoles. D’autres secteurs le font », a ajouté Christine Hummel.

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