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Conjoncture Les producteurs de fruits et légumes d’été tirent la sonnette d’alarme

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Quatre associations d’OP - organisations de producteurs - françaises (pêches et nectarines, abricots, prunes et tomates-concombres) « tirent à nouveau la sonnette d’alarme » dans un communiqué publié le 20 juillet, sur la commercialisation des fruits et légumes d’été d’origine France, « toujours plus préoccupante ». En cause, la concurrence étrangère et le manque d’engouement des consommateurs.

«La situation économique des producteurs de fruits et légumes français est toujours plus préoccupante : les producteurs sont à bout de souffle face à la concurrence étrangère et le manque d’engouement des consommateurs ». Ainsi s’expriment dans un communiqué commun quatre AOP : celle des pêches et nectarines, celle des abricots, celle des prunes et celle des tomates-concombres.

Trop de produits étrangers malgré la pleine saison
Les producteurs de pêches-nectarines, et tomates avaient « déclenché une alerte rouge les semaines passées », mais ils sont « rejoints aujourd’hui par les producteurs d’abricots, prunes et concombres pour dynamiser les ventes », annonce le communiqué.
Malgré l’alerte précédente des producteurs, la proportion de produits vendus sur les étals français de provenance étrangère « est importante » : 55% des pêches et nectarines vendus à Rungis par les grossistes venaient d’Espagne ou d’Italie la première semaine de juillet. Un chiffre « véritablement inacceptable pour les producteurs français, en cœur de saison, alors que leurs exploitations battent son plein », soulignent les quatre AOP.
La filière des fruits et légumes, qui « ne succombe pas au découragement », comme le déclare Bruno Darnaud, président de l’AOP Pêches et nectarines de France, insiste sur quatre points, soulignent les quatre associations.
Elles demandent à l’ensemble des acteurs de la chaîne commerciale de mettre enfin à l’honneur les fruits et légumes de l’Hexagone, avant les autres. Grossistes, grande distribution, détaillants et restauration collective « ont un rôle central à jouer ». Elles sollicitent à nouveau les pouvoirs publics pour la mise en place de ventes exceptionnelles hors magasins pour les deux prochaines fins de semaine (du 22 au 24 juillet et du 29 au 31 juillet). Les producteurs ont été entendus sur ce point, le gouvernement ayant étendu l’autorisation pour ces ventes exceptionnelles aux dates demandées.
Elles appellent à un achat au juste prix. Pour que chaque maillon de la chaîne vive correctement, un kilo de nectarines produit et distribué en France devrait être acheté environ 1,30 euro au producteur et revendu, au détail, entre 2 et 3 euros.
Les producteurs s’en remettent enfin à la vigilance des consommateurs. Il n’est pas rare de trouver chez les revendeurs saisonniers qui regorgent de fruits d’importation, des fruits et légumes vendus « sous l’appellation souvent abusive et trompeuse » de « fruits et légumes de pays » ou « direct producteurs ».

Les promotions, objet de scandale chez les professionnels
La question de l’origine France est un thème crucial de préoccupation de la filière des fruits et légumes actuellement, non seulement chez les producteurs, mais dans toutes les familles professionnelles. À telle enseigne qu’Interfel a arrêté le principe, lors de son conseil d’administration du 12 juillet, d’un communiqué dénonçant vigoureusement les effets dévastateurs des prix de promotions situés au-dessous des coûts de revient les plus faibles de toute l’UE. L’enseigne Lidl était mise en cause pour des promotions jugées abusives.
Le 15 juillet en début d’après-midi, le communiqué était diffusé, faisant part de la vive indignation de l’interprofession devant ces promotions aux prix les plus faibles. Mais un communiqué annulant le premier a été publié le samedi 16 juillet, au motif que la teneur du texte n’avait pas été validée par les représentants de l’interprofession.
Depuis plusieurs semaines, les promotions de Lidl commençaient à irriter les autres enseignes. « Face à des promotions sur la tomate en grappe néerlandaise à 69 centimes le kilo, les acheteurs des centres Leclerc, de Carrefour et de Système U me demandaient de me prononcer : soit de m’aligner sur les prix des promos, soit de réagir », a commenté Pierre Diot, président de l’AOP tomates-concombres et de la Gefel, la structure qui coiffe les AOP françaises de fruits et légumes.

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