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Lait Les producteurs de lait bio veulent résister à une baisse des prix

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Les producteurs de lait biologique des quatre régions du grand Ouest sont décidés à résister à une pression sur les prix exercée par l’aval de la filière. La consommation de produits laitiers bio est en augmentation régulière et le secteur doit gérer un manque de matière première plutôt que des excédents.

Pour la première fois, les producteurs de lait bio des quatre régions du grand ouest de la France – Bretagne, Pays de Loire, Normandie et Poitou-Charentes – qui fournissent 60% du lait bio français, se sont réunis le 4 février à Angers afin de trouver un moyen de résister à la pression exercée sur les prix par l’aval de la filière, coopératives et entreprises privées (six laiteries se partagent 95% de la collecte du grand Ouest).
« En 2008, un groupe de travail bio au sein du Cniel (interprofession laitière) de la région Ouest, réunissant producteurs et transformateurs, avait conclu un accord sur le prix du lait bio qui serait payé en 2009 », explique Philippe Jaunet, de la Coordination agrobiologique des Pays de Loire. L’accord fixait le prix à 430 euros/1000 litres. En cours d’année, la baisse du prix du lait conventionnel a incité les transformateurs à renégocier celui du lait bio. Ils ont proposé un prix de 400 euros/1000 litres. Estimant qu’il n’y avait pas de vraies raisons à cette demande, les producteurs ont résisté pour finalement accepter une petite baisse de 0,8% au dernier trimestre, au terme d’une négociation marathon, explique Philippe Jaunet. Non sans amertume car le marché est porteur : entre + 20% et + 30% en 2009, selon le Cniel. La France n’est pas autosuffisante. Il n’y a donc pas sur ce marché de problème de surproduction comme c’est le cas pour le lait conventionnel.

Eviter une dégradation de la qualité
En 2010, les transformateurs demandent à nouveau une baisse des prix, restés au niveau de fin 2009. Les producteurs refusent cette fois et ont rompu les négociations. Ils sont décidés à s’organiser pour résister à cette pression qui, selon eux, ne s’explique que par la volonté des entreprises aval d’accroître leurs marges. L’objectif des producteurs bio, dans un premier temps, est d’organiser « une meilleure concertation des acteurs de la filière », de parvenir à une « gestion partenariale des volumes », d’établir un prix « déconnecté du prix du lait conventionnel », selon un communiqué commun aux organisations de producteurs de lait bio des quatre régions. Ils veulent également aller à la rencontre des laiteries et leur faire valoir qu’une baisse des prix freinerait encore les conversions.
Actuellement, le prix du lait bio permet aux producteurs de suivre le cahier des charges de l’agriculture biologique dans son ancienne version. Une plus grande pression sur les prix pourrait les pousser à coller au nouveau cahier des charges européen qui autorise par exemple de nourrir les vaches à l’ensilage sans limite de quantité.
« Mais dans ce cas, on aura vite des problèmes. La santé de l’animal tient sur un équilibre », poursuit Philippe Jaunet. La crainte est de devoir recourir à plus de traitements allopathiques, comme l’autorise Bruxelles. Et à force de s’éloigner du modèle de l’agriculture biologique, de perdre les consommateurs adeptes des produits bio.

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