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Lait/Prix Les producteurs de lait pour une table ronde avec la distribution

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« Nous devons dépasser le temps des simples annonces et passer désormais à l’acte pour obtenir une juste rémunération des prix aux producteurs », a estimé le 12 mars Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait, lors d’une conférence de presse. Constatant que tous les acteurs politiques qui avaient visité le Salon de l’agriculture, le président de la République comme ses ministres, avaient fait le même constat, sur la difficulté du secteur de l’élevage, il demande maintenant des actions concrètes pour garantir un juste prix pour le lait. Il demande pour cela que les pouvoirs publics organisent le plus rapidement possible une table ronde réunissant tous les acteurs de la filière et notamment la grande distribution. Marie-Thérèse Bonneau, secrétaire générale de la fédération, a fait valoir que lors du salon, Serge Papin pour Système U ou Michel-Edouard Leclerc ou les responsables d’Intermarché avaient fait preuve d’ouverture pour une réévaluation des prix à la consommation.

Du concret plutôt que du bricolage

Thierry Roquefeuil a également souligné que certaines laiteries, comme Bongrain ou Triskalia, ont annoncé qu'elles consentiraient des avances de trésorerie pour leurs producteurs de lait, mais que « ça reste du bricolage ». La FNPL demande « du concret» et que soit enfin négocié « la prise en compte de l'évolution des coûts de production dans la fixation des prix, et ce, dans le cadre d'une modification des dispositions de la loi de modernisation de l'économie », explique Marie-Thérèse Bonneau. Tenant compte des indicateurs de charge qu'elle a elle-même calculés, la FNPL revendique un prix moyen minimal de 340 €/1 000 l pour 2013. Or, les éleveurs ont plutôt constaté un prix de l'ordre de 300 €/1 000 l ce premier trimestre. Interrogé sur les propositions de Michel Dantin, d’instaurer une gestion de l’offre du lait au niveau européen (voir L’industrie laitière dénonce les tentatives d'introduire la gestion de l'offre en temps de crise), Thierry Roquefeuil a estimé « qu’on ne peut pas faire l’impasse sur un schéma qui prévoit des situations de crise et des réponses appropriées. Si la PAC ne prend pas en compte, l’avenir de l’élevage, pourquoi les éleveurs devraient-ils persévérer dans cette profession ». Il s’est cependant montré pessimiste sur les chances d’aboutir pour cette proposition.

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