Deux agriculteurs acceptent de témoigner sur leur choix de produire des OGM. Le premier argument est économique, le maïs Bt permettant de gagner plusieurs quintaux par hectare dans le Sud-Ouest. L’agriculteur du Centre de la France est davantage dans l’expectative.
Pour la deuxième année consécutive, l’AGPM, Association générale des producteurs de maïs, très favorable aux OGM, suit une quinzaine de producteurs de maïs Bt (résistant à la pyrale et à la sésamie) dans le cadre d’un programme d’accompagnement des cultures issues des biotechnologies (PACB). « Ces agriculteurs sont répartis dans toutes les zones de productions de maïs en France», assure Cédric Poeydomenge, en charge du PACB, sans vouloir préciser si certains sont basés en Alsace. Dans cette région, le maïs est majoritairement utilisé pour l’alimentation humaine. Les 150 ha correspondants serviront d’outils de communication tout au long de la campagne, auprès des autres maïsiculteurs, pour montrer la faisabilité de la production d’OGM, en particulier sur les notions de coexistence OGM/non OGM, de mise en place de zones refuges, de traçabilité ou d’étiquetage.
Le maïsiculteur du Sud-Ouest est convaincu
Les deux agriculteurs qui témoignent veulent rester anonymes, pour éviter de recevoir des menaces, comme ce fut le cas l’an passé, assure-t-on à l’AGPM. Mais ils acceptent tout de même d’être pris en photo.
Pascal, jeune maïsiculteur exploitant une centaine d’hectares dans le Sud-Ouest, sème son maïs Bt pour la deuxième année consécutive. Cette année, sur ses 25 hectares de maïs, il a cultivé 13 ha d’OGM sur deux parcelles. « J’ai l’intention d’aller jusqu’à 80 % de ma surface de maïs », explique-t-il, totalement convaincu de l’intérêt des OGM. Il subit, en effet, 3 à 4 générations par an de pyrales et de sésamies. En 2005, année à faible pression parasitaire, il a gagné 4 quintaux par hectares de rendement avec le maïs Bt par rapport à la même variété traitée chimiquement. La variété OGM lui coûte environ 35 euros/ha de plus qu’une variété classique, ce qui correspond à l’économie qu’il réalise en ne traitant plus avec un insecticide.
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Dans le Centre, l’intérêt reste à démontrer
Olivier, lui, est agriculteur dans le Centre. Il a voulu se lancer dans les OGM après un voyage en Espagne à l’automne dernier, organisé par l’AGPM, où il a été « surpris par la qualité du grain ». Il a donc décidé de cultiver 3 hectares de maïs Bt sur ses 150 hectares de maïs. Chez Olivier, les ravageurs contrôlés par le maïs Bt sont beaucoup moins présents que dans le Sud-Ouest. Un traitement ne se justifie qu’une année sur trois environ. Il veut vérifier l’intérêt de cette technologie dans sa région : « Ce n’est pas évident que ce soit rentable systématiquement», explique-t-il.
Les OS s’engagent à acheter le maïs OGM au prix du marché
Tous les deux se sont entendus avec leur organisme de collecte pour qu’il rachète la totalité de la récolte d’OGM au prix du maïs traditionnel. Destination finale : l’Espagne pour le marché de l’alimentation animale.
Un contrat tripartite a été signé entre l’agriculteur, l’organisme de collecte et l’AGPM.L’organisme de collecte s’engage à acheter toute la récolte, l’agriculteur s’engage à respecter le Guide de bonnes pratiques de la culture du maïs Bt édité par le syndicat, et l’AGPM s’engage à récupérer les reliquats de semences OGM qui sont susceptibles de rester chez l’agriculteur après les semis. Toutes les parcelles sont déclarées auprès de l’administration dans le cadre de la biovigilance. « Ce n’est pas plus contraignant de conduire une parcelle d’OGM que de maïs traditionnel, explique Pascal. Nous sommes habitués à nettoyer parfaitement le semoir et la moissonneuse-batteuse entre chaque variété de maïs et entre les différents types de maïs ».