Sur le bassin nantais, principal fournisseur de muguet pour le 1er mai, les producteurs ont récolté en moyenne 30 % de leur surface, s'adaptant à la raréfaction des points de vente due au confinement. Et la récolte habituellement programmée sur quatre à six jours n’en a duré que trois cette année.
Ont-ils finalement vu trop juste? Alors que des inquiétudes persistaient sur l’écoulement des volumes, tout ce qui a été cueilli a finalement été vendu. « Les ventes en pick-and-collect chez les fleuristes qui avaient pris le risque d’acheter de la marchandise ont plutôt bien fonctionné. La grande distribution a également écoulé ses stocks », indique Patrick Verron, conseiller technique muguet au sein du Comité départemental de développement maraîcher (CDDM) de Loire-Atlantique. La demande plus importante qu’attendu a même généré des manques de marchandise sur la fin de période de commercialisation.
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La faute à des annonces gouvernementales (vente autorisée en boulangerie, le 21 avril) arrivées trop tard, estiment les professionnels. « Les producteurs avaient transmis un courrier via la députée locale dès le 17 mars. C’est à cette date qu’ils attendaient une réponse pour pouvoir s’organiser. En l’occurrence, ils ont embauché moins de la moitié des saisonniers habituels », regrette Patrick Verron.
Si le fait de ne pas récolter des parcelles ne pose habituellement pas de problème, les mauvaises conditions météorologiques de la fin avril et du début mai ont favorisé l’apparition de maladies. « Il y a eu un développement de botrytis sur les fleurs fanées et humides. Il a fallu traiter pour protéger les feuilles de la pourriture grise », rapporte Patrick Verron. Si le brin fleuri est récolté, les feuilles du muguet doivent rester en place jusqu’à la fin de l’été, période durant laquelle le brin de l’année suivante se crée avant que la plante n’entre en dormance. Ce traitement fongique a été une double peine pour les producteurs en engendrant un coût supplémentaire sur des parcelles non récoltées.