Les producteurs français de plants de pommes de terre sont satisfaits de pouvoir appliquer des règles plus strictes, a indiqué fin décembre leur fédération, la FN3PT. En effet, du fait de l'échec de la proposition de texte de « loi semences » européen, ce seront les normes françaises qui s'appliqueront.
Les producteurs français de plants de pommes de terre pourront appliquer des règles plus strictes et voient d'un bon œil le retrait par la Commission européenne de son texte de « loi semences ». Ils préfèrent en effet que la filière française des plants continue à se démarquer par des exigences sanitaires plus élevées que celles qu'appliquent les autres États membres.
Un argument des plants français sur les marchés extérieurs
Ces textes français vont dans le sens, voulu par la profession, de règles plus strictes sur le plan sanitaire que celles des autres pays européens, notamment pour garantir l'absence de virus, de bactéries et de maladies. « Cette approche “directives” (et non règlement) convient tout à fait aux professionnels français. C'est un argument à l'exportation des plants français », a commenté Bernard Quéré, directeur de la FN3PT fin décembre. L'application de ces nouvelles directives en droit français se fera par l'adoption en cours d'un nouveau règlement technique annexe pour le contrôle et la certification des plants de pomme de terre.
L'exportation
Concernant le volet « inscription des variétés » (qui était dans la proposition de texte de loi semences européen), la FN3PT continue également ses efforts pour défendre les spécificités françaises de l'inscription des variétés de pomme de terre, notamment les critères « chair ferme » (texture, tenue à la cuisson sans noircir, etc) et valeur environnementale. Ces critères permettent là aussi à la filière française de se démarquer.
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La « loi semences » était un texte d'harmonisation générale des règles concernant de nombreux sujets, tels les conditions d'homologation des variétés, notamment pour rendre moins coûteuse l'homologation des variétés à petit marché ou marchés de niches. L'idée était, entre autres, de réduire les droits d'enregistrement des variétés. La proposition de nouvelle « loi semences » était supposée remplacer les directives actuelles de commercialisation et d'inscription au Catalogue européen des semences.
L'exportation française de plants est passée de 85 000 tonnes par an il y a dix ans à 130 000 tonnes en 2012/2013, puis à 150 000 tonnes en 2013/2014.
La FN3PT attachée à la tutelle de l'État
Lors de l'assemblée générale de la FN3PT les 9 et 10 décembre, le président de la fédération, Éric Fallou, a insisté sur l'importance de la tutelle de l'État, qui « permet de garantir l'aspect 100% officiel du contrôle et de la certification tout en ayant une gestion basée sur le dialogue entre familles professionnelles ». « Il faut coûte que coûte pouvoir préserver ce que nos aînés ont si intelligemment construit », a-t-il souligné. Principe de cette articulation entre les professionnels, les pouvoirs publics et l'administration : « Nous proposons, l'État valide et les services officiels appliquent ».
Jusque-là les producteurs de plants de pommes de terre se rassemblaient dans la European Seed Potato Growers Association (ESPG, Association européenne des producteurs de plants de pommes de terre), qui est surtout une sorte de club de réflexion, sans statuts, explique Bernard Quéré, directeur de la FN3PT. Le chantier de 2015 pour l'ESPG est la structuration de l'association avec des statuts lui donnant une reconnaissance par les instances communautaires (Commission, Conseil, Parlement). Les principaux pays producteurs sont la France, la Belgique, les Pays-Bas. Des petits pays producteurs de plants, « mais dont la voix compte dans les débats à Bruxelles », sont en liens étroits avec l'ESPG, pour y entrer prochainement, avait annoncé Éric Fallou, président de la FN3PT, lors de l'assemblée générale de décembre : la Bulgarie, la Slovénie, l'Espagne, l'Italie