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Pommes de terre Les producteurs de pommes de terre espèrent un redressement industriel

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Les producteurs de pommes de terre espèrent des signes d’un redressement industriel français, le développement de leur filière étant handicapé par l’insuffisance des usines de transformation en France. Le congrès de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) s’est déroulé le 14 février autour de ce thème du redressement industriel attendu.

«J’espère que vous aurez de bonnes nouvelles à nous annoncer pour renforcer notre tissu industriel », a lancé, lors de son discours de clôture, le président de l’UNPT, Patrick Trillon, au représentant du ministre de l’Agroalimentaire. Les producteurs attendent des signes allant dans le sens d’une plus grande attractivité de la France à capter des investisseurs pour la transformation de la pomme de terre. Un graphique projeté lors du congrès a montré qu’entre le marché du frais, celui de l’export, celui de la fécule et celui de la pomme de terre transformée en frites, chips et autres purées, c’est ce dernier qui est le plus dynamique.
Or, « alors que notre volume de transformation stagne, il a triplé en dix ans en Belgique », et ce pays exporte aujourd’hui le volume que la France transforme, a ajouté Patrick Trillon.

Deux pistes pour pérenniser la filière de la fécule

« Nous déplorons l’impossibilité de réaliser en 44 tonnes des transports transfrontaliers avec la Belgique, le Luxembourg ou l’Italie, ce qui pénalise nos industriels nationaux en situation de concurrence sur le marché européen », a-t-il précisé. De même, l’harmonisation fiscale entre les pays de l’UE « doit aussi être un vrai sujet de réflexion de politique globale ».
L’UNPT tient à conforter la filière de la fécule. Or, la conversion des aides au secteur féculier, jusque-là couplées, en DPU, risque de mettre à mal cette autre filière industrielle de la pomme de terre. « Faisons en sorte que, collectivement, les usines ne ferment pas en France et redonnons des perspectives à cette filière », a indiqué le président de l’UNPT en s’adressant à Christine Avelin, conseillère technique de Stéphane Le Foll. Il a proposé deux pistes pour pérenniser cette filière : la prise en compte d’une partie des surfaces féculières comme surface d’intérêt écologique et l’ouverture de l’enveloppe budgétaire destinée au recouplage d’une partie des aides.

Demande de reconnaissance des organisations de producteurs

Auprès de la Commission, du Parlement et aujourd’hui au niveau de l’État français, l’UNPT « milite activement pour assurer une reconnaissance et une sécurisation des groupements de producteurs ». « Nous demandons, comme les députés européens, l’extension des prérogatives du “paquet Lait” au secteur de la pomme de terre », a souligné Patrick Trillon. La reconnaissance par l’État des formes d’organisation particulières, « nous permettra de garder notre architecture efficace de partenariat entre les producteurs et leurs acheteurs, en particulier du secteur agro-industriel ».
Enfin, « de vraies politiques de filières allant jusqu’au stade de la distribution doivent aussi être mises en œuvre » : l’interdiction des 3R (remises, rabais et ristournes), entre négoce et distributeur doit être respectée scrupuleusement. Des contrats associant producteurs, négociants et distributeurs « doivent être étudiés afin que le jeu d’acteur soit rééquilibré ».

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