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UNPT Les producteurs de pommes de terre vigilants sur le dumping et le régime « fécule »

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Les producteurs de pommes de terre sont vigilants sur le dumping dû à des promotions de plus en plus fréquentes par la distribution et sur l’avenir du régime de la fécule. Deux thèmes qui devaient les mobiliser particulièrement lors du congrès de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), à Amiens le 29 janvier.

La perte de valeur accélérée des pommes de terre due au recours systématique des grandes surfaces aux promotions, et l’incertitude quant au devenir du régime de la fécule en 2013 sont les deux thèmes du congrès de l’UNPT, qui devait se tenir à Amiens le 29 janvier.
Les producteurs de pommes de terre voudraient faire cesser le dumping sans fin de leurs productions dans les magasins. Patrick Trillon, le président de l’organisation, a dénoncé le 26 janvier lors d’une conférence de presse le comportement « suicidaire » des producteurs-vendeurs qui, par peur de perdre des contrats, bradent la marchandise aux grandes surfaces. Il a aussi dénoncé des négociants « qui font la danse du ventre devant la grande distribution ».

Des plafonds bas et des planchers pourris
Mais si tel est le cas, c’est aussi parce que la distribution leur propose « des plafonds bas et des planchers pourris, (c’est-à-dire des clauses qui ont pour effet de faire baisser les prix en-deçà des planchers nominaux) ». Cela « n’incite pas à la contractualisation ».
Dernièrement des prix de promotions sont tombés jusqu’à 14 centimes le kilo et « malgré cela, la consommation ne repart pas », constate l’UNPT qui ajoute que les consommateurs s’y habituent. Ces prix ne rémunèrent pas le travail des producteurs, ni même celui des grandes enseignes, du propre aveu de ces dernières. « Nous, producteurs, devons balayer devant notre porte…, mais les distributeurs aussi », a déclaré Patrick Trillon. Pour lui, il faut que l’ensemble de la filière se discipline pour faire cesser la course aux prix bas.
Le taux de contractualisation entre les producteurs et les clients industriels pour la production de frites, chips et purées a régressé. Il est passé de 70-75% il y a cinq ans à 60-65%, selon l’UNPT.

Pommes de terre de fécule : comme la luzerne ou l’aide ovine
La fécule est un autre sujet de préoccupation de l’UNPT, car après 2013, c’est l’inconnu pour cette filière qui absorbe 1,2 million de tonnes de pommes de terre. Pour les producteurs, il faut que cette filière industrielle soit soutenue d’une façon ou d’une autre par Bruxelles, sinon ce volume pèsera encore davantage sur les prix. Jusqu’en 2012, l’industrie féculière restera soutenue par une aide versée au transformateur et par une aide découplée au producteur, afin d’éviter la concurrence de l’amidon, qui est produit à partir de céréales, ces dernières étant aidées.
Pour l’après 2013, l’UNPT songe à des formules analogues au soutien à la luzerne ou à la filière ovine, s’appuyant sur le bilan de santé de la Pac, qui prévoit de soutenir un certain nombre de productions spécifiques. La pomme de terre est d’une part une tête de rotation agronomique qui contribue à éviter la monoculture. D’autre part la fécule est une matière première promise à un essor dans les années qui viennent avec le développement des sacs alimentaires bioplastiques.

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