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Les producteurs de pommes terre militent pour la gestion de l’offre

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L’Union nationale des producteurs de pommes terre (UNPT) a exposé, à son congrès annuel le 13 février au Havre, les bases d’une gestion collective de l’offre pour « sortir de l’ornière » du fait d’une surproduction. Cet appel à la responsabilité dans ce secteur considéré comme plutôt individualiste, vise les producteurs, les semenciers, les négociants et les distributeurs.

« Nous sommes tous coresponsables du bourbier ambiant et seule la mise en place d’une véritable stratégie de filière nous fera sortir de l’ornière dans laquelle nous nous enfonçons inexorablement en plantant trop », a déclaré Arnaud Delacour, président de l’UNPT, dans son discours de clôture.

La réduction des surfaces cette année est impérative

L’appel à la responsabilité collective s’adresse d’abord aux producteurs : « Nous devons admettre que produire pour un marché, cela sous-entend parfois de baisser nos surfaces. Nous devrons impérativement le faire dès cette année pour le segment du frais ». Il a exhorté les producteurs à accepter de se « regrouper au sein d’associations ou de coopératives ». Les règlements européens « nous y autorisent, sachons en profiter ». Par ce moyen, les producteurs verront leur voix peser dans les accords interprofessionnels, et verront leurs investissements mutualisés dans l’innovation et la production qualitative.

Le président de l’UNPT a rappelé que la gestion de l’offre commence par une production de semences adaptée aux différents marchés, sans excès.

Les industriels quant à eux sont incités à continuer de privilégier leurs approvisionnements dans l’Hexagone. Pour cela, la profession devra s’appuyer sur un logo « pommes de terre de France » reconnu par les consommateurs. Un logo qui garantisse l’engagement collectif d’une filière durable, soucieuse de sa responsabilité sociale et environnementale, a-t-il précisé.

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À l’adresse des négociants, le message est clair : « La filière ne doit plus être le théâtre de marchandages d’une autre époque », et « que ceux qui ne veulent pas s’engager pour le bien de la filière s’auto-excluent de l’organisation qui les représente, ce sera plus clair pour tous ».

Enfin, face aux GMS qui pratiquent des braderies, l’UNPT « demande au législateur de les sanctionner durement ». De son côté, Thomas Guyot, sous-directeur des produits et marchés à la DGPE du ministère de l’Agriculture, a pointé du doigt les braderies, sous les applaudissements des congressistes.

Pour un logo « pommes de terre de France » qui garantisse l’engagement collectif d’une filière responsable

Zéro résidus : les producteurs de pommes terre envisagent la certification HVE

L’UNPT s’intéresse de près à la certification environnementale qui séduirait davantage que le bio : la Haute valeur environnementale (HVE). Cela pour atteindre le zéro résidus de pesticides. « Nous n’en sommes pas très loin », a confié Arnaud Delacour. L’organisation a rencontré la confédération des vignerons indépendants, très en pointe sur la HVE. Elle est en train de réaliser un diagnostic sur plusieurs dizaines d’exploitations pour évaluer la mise en place de cette certification pour un grand nombre d’exploitations.