La Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC) indique avoir reçu « une véritable douche froide » quand elle a appris, le 14 janvier, que le prix d’achat des pommes par Agrial, le principal cidrier français, est en baisse de 8 euros à la tonne.
«C’est une véritable douche froide que nous avons reçue à la FNPFC lors de la rencontre avec les dirigeants d’Agrial (administrateurs et direction) », apprenant que la coopérative leur imposait une baisse de prix de près de 8 euros pour les pommes de la récolte 2008, indique la fédération des producteurs dans un communiqué publié le 20 janvier. Précisément, les producteurs se sont vus imposer une baisse moyenne de 7,88 euros par tonne sur le prix payé au producteur pour la récolte 2008. Ils revendiquaient une augmentation de 5 euros pour toutes les pommes, pour couvrir la hausse des charges du printemps 2008.
Une baisse injustifiée selon la FNPFC
La FNPFC met en regard cette perte de 8 euros à la tonne pour les producteurs, et le renchérissement de la bouteille qui aurait eu lieu sans cette baisse de prix : 0,008 euro. Une perte d’autant plus inutile, selon la fédération, que le prix des pommes n’est pas lié au cidre, mais au dégagement de pommes « vers des marchés spéculatifs et volatiles ».
En 2008, la récolte de pommes à cidre a été particulièrement forte dans le verger « haute-tige », et le prix des concentrés de jus de pommes, qui est resté « très bas », n’a pas permis de bien valoriser les excédents.
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Mais, pour les producteurs, chaque année une raison leur est expliquée par les industriels pour leur demander un effort : « En 2005 il fallait être patient pour remettre CSR sur pieds. En 2006 il fallait être patient (le bénéfice de 3,5 millions d’euros a été investi pour de nouveaux investissements). En 2007, il fallait être patient (il fallait faire du stock de concentrés de jus alors que les cours de ces concentrés étaient au top et auraient permis une bonne valorisation). En 2008, il y a trop de pommes, particulièrement dans le haute-tige ».
Les producteurs comprennent d’autant moins cette inadéquation entre l’offre et la demande que depuis 2004 un plan d’arrachage, financé par l’État à 80 %, soit deux millions d’euros, et par l’Unicid (l’interprofession) à 20%, est en place. Il est destiné à supprimer la surproduction structurelle engendrée par des contrats trop nombreux. Ce plan vise prioritairement à professionnaliser la filière, notamment par des replantations pour obtenir des vergers d’un minimum de 4 hectares.