Abonné
Le premier congrès africain de l'huile de palme (APOC), qui s'est tenu cette semaine à Abidjan à l'initiative du gouvernement ivoirien et de l'Association interprofessionnelle de la filière en Côte d'Ivoire (AIPH), a vivement dénoncé le « dénigrement » dont fait l’objet cette culture. « Depuis quelque temps, des attaques des plus virulentes se multiplient contre l'huile de palme et dégradent son image, ainsi que celle des pays producteurs », a déploré Christophe Koreki, président de l'AIPH, cité par l’AFP. Ils s’élèvent contre les allégations des pays non producteurs qui accusent cette huile de menacer la santé humaine, notamment en causant des maladies cardiovasculaires ou mettant en péril les forêts tropicales. Après plusieurs jours d'échanges, les participants ont adopté une « déclaration d'Abidjan » pour défendre la culture du palmier à huile, présentée comme un facteur de développement et un moyen de lutter contre l'insécurité alimentaire en Afrique. Ils s'inquiétent que le succès d'un label « sans huile de palme » ne condamne à terme les planteurs. La filière ivoirienne avait remporté en décembre 2012 un procès intenté à Paris contre le groupe de distribution Système U, qui avait lancé une campagne publicitaire contre l'huile de palme. Les producteurs africains avaient convié à leur congrès l'Indonésie, premier producteur mondial.
L'association des petits producteurs d'huile de palme de Malaisie (NASH) a écrit à la ministre française du Commerce extérieur Nicole Bricq en visite à Kuala Lumpur, les 5 et 6 juin, pour se plaindre de ce qu'elle estime également être une campagne de « dénigrement » de l'huile de palme en France. « Nous vous demandons de vous associer à notre appel demandant aux grands groupes français (Casino, Système U, Findus, Lesieur et Jacquet) d'arrêter de mettre en cause l'huile de palme » avec notamment des publicités vantant les produits sans huile de palme, écrivent les producteurs à la ministre. Pour les petits producteurs d'huile de palme, « la campagne de dénigrement » dont est victime cette production en France est vécue comme une « menace ». Ils demandent un engagement de Nicole Bricq « à ne pas mettre en place des politiques (taxes ou dispositions réglementaires) qui discriminent l'huile de palme ». La Malaisie est le deuxième producteur mondial d'huile de palme, derrière l'Indonésie où la ministre française s'est également rendue lors de son déplacement en Asie. Le Conseil malaisien de l’huile de palme a d’ailleurs lancé une campagne de lobbying et convie les représentants de la presse française pour « leur permettre de découvrir, in situ, ce qu’est le palmier à huile, la manière dont il est cultivé et comment l’huile de palme en est extraite», sans mettre en péril les forêts du pays.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre
Suivi
Suivre