L’UE, qui négocie un accord de libre-échange avec Séoul, risque de perdre le marché sud-coréen de la viande porcine si elle n’obtient pas des conditions semblables à celles offertes aux Etats-Unis par l’accord que ceux-ci ont bouclé récemment avec ce pays, préviennent les organisations agricoles des Vingt-sept. Les experts commerciaux des Etats membres de l’Union devaient faire le point le 11 avril sur ces négociations bilatérales, avant une nouvelle réunion entre les deux parties qui pourrait être l’une des dernières avant la conclusion d’un compromis.
A ce stade, l’UE se voit seulement seulement offrir, dans la perspective d’un accord de libre-échange entre l’UE et la Corée du Sud, un accès en franchise au marché de ce pays après 13 ans pour la viande congelée et après 10 ans pour la viande fraîche/réfrigérée, alors que Séoul a pour l’heure instauré une clause de sauvegarde sur la plupart des produits européens, notent les organisations agricoles européennes.
Or, estiment-elles, Bruxelles devrait obtenir de Séoul au moins des conditions identiques à celles accordées aux Etats-Unis : accès sans droit au marché coréen pour plus de 90 % des produits porcins à partir du 1er janvier 2014, c’est-à-dire à l’issue d’une période de 6 ans ; pour les poitrines de porc et autres découpes fraîches, démantèlement des lignes tarifaires sur 10 ans aboutissant à un accès illimité en franchise la onzième année ; gestion des échanges des importations de poitrines de porc sur la base d’un quota de sauvegarde « premier venu-premier servi » de 8 250 tonnes au départ, avec une augmentation annuelle de 6% et la suppression du droit de sauvegarde à l’issue de la dixième année de mise en oeuvre de l’accord.
Le quatrième acheteur mondial
La Corée du Sud a accru ses importations de viande porcine de quelque 187 000 tonnes entre 2001 et 2006, à 340 000 tonnes, ce qui fait d’elle le quatrième acheteur mondial, après le Japon, les Etats-Unis et la Russie. Ses importations représentaient en 2006 environ 7 % des échanges internationaux dans ce secteur.
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Les exportations totales de viande porcine de l’UE vers la Corée du Sud sont passées de 98 0000 tonnes en 2005 à 111 000 tonnes en 2006 (+13 %), alors que celles des Etats-Unis ont augmenté de 38 % sur la même période. La part des Européens sur ce marché est de quelque 36 %, les Etats membres exportateurs étant essentiellement le Danemark, la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Hongrie, l’Autriche, le Royaume-Uni et l’Irlande. Les principaux concurrents de l’UE sont les Etats-Unis (27,5 % du marché coréen), le Canada (20,2 %), le Chili (10,1 %) et l’Australie (6,2 %).
Les Européens n’ont pas pour l’instant l’opportunité d’exporter de la viande fraîche/réfrigérée vers ce pays, du fait de la durée du transport. La majorité de leurs ventes est constituée de découpes fraîches congelées, une tendance à la hausse étant enregistrée pour les sous-produits.