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Viande porcine Les producteurs ne doivent pas attendre de soutien de Bruxelles dans l’immédiat

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Alors que la baisse du prix du porc s’est brutalement accélérée ces derniers mois, la France, soutenue par une douzaine de pays, a demandé, lors du Conseil agricole, le 19 janvier à Bruxelles, le recours au stockage privé pour un volume de 100 000 tonnes. Mais la commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, considère à ce stade « toute mesure de soutien du marché inappropriée ».

Après une embellie en 2008, le marché européen du porc est de nouveau sur la corde raide. Les prix de marché, qui ont baissé de plus de 10 % au cours des deux derniers mois, sont inférieurs au coût moyen de production, ce qui crée de nouveaux déficits au niveau de la trésorerie des producteurs, a expliqué la France dans une note remise aux ministres de l’agriculture. Pour Paris, le déséquilibre actuel entre l’offre et la demande, dû au ralentissement de la consommation et des exportations, justifie le recours à une action de stockage privé. Une douzaine d’Etats membres ont soutenu la démarche de la France, tandis que la Pologne a marqué sa préférence pour la réintroduction des subventions à l’exportation sur la viande porcine, qui, l’an dernier, avaient permis une forte reprise des ventes vers les pays tiers (+ 37 % par rapport à 2007). « La Commission n’a pas pris de décision, mais reste ouverte », a précisé Michel Barnier, le ministre français de l’agriculture au cours d’un point de presse. Mais Mme Fischer Boel, qui s’attend à une baisse de la production en 2009 (- 4,2 % au cours du premier semestre), n’a pas estimé opportun de recourir à ce stade à une intervention pour soutenir le marché du porc. « Les prix devraient se rétablir et la marge bénéficiaire des producteurs devrait s’améliorer du fait de la baisse des coûts des aliments pour animaux », a-t-elle souligné.

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La commissaire à l’agriculture a cependant estimé que le retrait d’autorisation d’exportation par la Russie de plusieurs abattoirs et ateliers de découpes français, néerlandais et allemands (1) pourrait avoir des répercussions négatives sur le secteur porcin Voir n°3186 du 19/01/2009. « La Russie, a-t-elle indiqué, est notre principal marché d’exportation dans le secteur du porc et j’entends suivre cette affaire de manière très étroite avec la commissaire chargée de la santé, Androulla Vassiliou». Ce contentieux sera examiné lors d’une rencontre à haut niveau prévue les 6 et 7 février à Moscou.