La contestation syndicale des producteurs du lait est montée d’un cran à la veille de la réunion nationale de l’interprofession du 30 octobre. Ils sont particulièrement critiques face à l’ampleur des baisses de prix annoncées pour le 4 trimestre 2008 et le 1 trimestre 2009. Les producteurs de lait du Grand Ouest se sont à nouveau mobilisés notamment en bloquant des laiteries, des usines de transformation ou des camions de collecte, selon des sources syndicales. Dans l’Est, la quasi-totalité des centres industriels de collecte et de transformation du lait ont été bloqués.
Le lait est sur le feu. Dans toute la France, la mobilisation des producteurs de lait ne faiblissait pas alors qu’une réunion nationale de l’interprofession laitière était programmée le 30 octobre. « Traire 365 jours par an mérite un salaire décent », « Voleur » ou « A qui profite la baisse du prix du lait ? ». Tels sont les messages que des militants de la FDSEA de Seine-Maritime ont tagué sur des camions de lait de transformateurs comme Senoble, Lactalis ou encore Danone pour protester contre la baisse annoncée du prix du lait. La mobilisation était particulièrement forte dans la Sarthe, où une douzaine de camions des laiteries Bel, Lactalis, Sodiaal et CLE Bongrain, ont été bloqués en début de matinée du 30 octobre. « Il s’agit de montrer aux transformateurs qu’il n’y a pas de lait sans producteurs », a expliqué la FDSEA pour cette « journée blanche sans collecte ».
Des chrysanthèmes
Symboliquement, une centaine d’agriculteurs de la Loire ont déposé des chrysanthèmes devant les rayons laitiers de cinq supermarchés pour protester contre la baisse annoncée du prix du lait « qui serait la mort de très nombreuses exploitations de notre région ». Les éleveurs du Grand Ouest se sont à nouveau mobilisés le 29 octobre à la veille de négociations sur le prix du lait, notamment lors d’actions dans des hypermarchés ou en bloquant laiteries, usines de transformation ou camions de collecte, selon des sources syndicales.
Une vingtaine de camions de collecte ont par ailleurs été brièvement bloqués dans les Pays de Loire et une dizaine d’autres en Bretagne. Dans la soirée du 29 octobre, plusieurs dizaines de producteurs normands bloquaient les laiteries Lactalis-Nestlé à Lisieux (Calvados), Solaipa (Lactalis) à Vimoutiers (Orne) et Lactalis à Domfront (Orne), à raison d’une trentaine d’agriculteurs par site.
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Retrait des rayons des produits Entremont
Dans les pays de la Loire, 80 producteurs sont passés à l’action dans quatre hypermarchés vendéens. Ils ont obtenu le retrait des rayons du lait premier prix, vendu moins de 0,59 euro le litre (prix minimum négocié il y a un an), ainsi que des produits fromagers d’Entremont, selon Marie-Thérèse Bonneau, une responsable de la FDSEA. Le groupe Entremont est particulièrement visé par les producteurs laitiers de l’Ouest pour avoir été le premier durant l’été à tenter de leur imposer une baisse de prix non négociée.
En Alsace et en Lorraine, les producteurs bloquaient, le 29 octobre la quasi-totalité des centres industriels de collecte et de transformation du lait. Les départements bretons, ainsi que la Vendée et la Loire-Atlantique ont décidé, le 30 octobre de suspendre leur mouvement dans l’attente de la réunion de Paris.