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UE/Produits laitiers Les producteurs prônent la prudence face au projet de Bruxelles de vendre des stocks publics

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Les syndicats et coopératives agricoles de l’UE recommandent la plus grande prudence face à la récente décision de la Commission européenne de vendre une large partie des stocks d’intervention de beurre et de lait en poudre. Si elle n’a pas encore réagi officiellement sur le sujet, l’industrie laitière européenne ferait au contraire confiance à la responsabilité et la bonne gestion de l’exécutif européen.

La Commission européenne a annoncé son intention de remettre sur le marché dans les prochains jours quelque 25 000 tonnes de beurre et plus de 60 000 tonnes de poudre de lait issues des stocks d’intervention (1). Une décision contestée par la grande majorité des producteurs de lait européens, qui estiment que l’amélioration des cours commence à peine à se faire sentir à la production et qu’il serait en quelque sorte irresponsable de tuer dans l’œuf cette éclaircie naissante. « Le marché laitier européen reste extrêmement fragile. Même si l’on a observé quelques améliorations de la situation du marché des produits laitiers depuis la grave crise de l’année dernière, le marché laitier reste très sensible à toute nouvelle décision », a notamment souligné Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca. Selon lui, le prix moyen payé pour leur lait aux producteurs européens « ne dépasse toujours pas les 27 à 28 centimes/litre, ce qui ne constitue pas une grande amélioration par rapport à l’année dernière ».

Une chute des revenus de 11,6 %
Le syndicaliste rappelle que « les revenus des agriculteurs de l’UE ont en moyenne chuté de quelque 11,6% l’année dernière, et les producteurs laitiers sont de plus en plus préoccupés par l’extrême volatilité des prix. Nombre d’entre eux n’ont pas encore ressenti les bénéfices de la hausse des prix des produits de base sur le marché européen et le marché mondial et sont encore sous pression en raison de prix bas et de coûts de production élevés ». Il invite donc la Commission européenne « à faire preuve de toute la prudence qui s’impose dans la façon dont elle écoulera les volumes sur le marché à l’avenir et à garantir que le prix de vente ne soit pas inférieur au prix actuel du marché, afin d’éviter toute baisse des prix du lait ». A ses yeux, l’exécutif européen doit notamment être attentif aux quantités de lait écrémé en poudre susceptibles de faire l’objet d’une adjudication. Il estime qu’« en cas de mauvaise gestion, cela pourrait avoir un effet de distorsion de la concurrence. Les agriculteurs ne peuvent tout simplement plus faire face à de nouvelles pressions sur les prix ou sur leur revenu ».
Si pour l’instant l’industrie laitière européenne représentée par European Dairy Association (EDA) n’a pas encore réagi officiellement, on peut s’attendre à ce qu’elle exprime sa confiance dans « la bonne gestion efficace et prudente » de la Commission européenne de cette sortie de stocks. Les responsables de EDA considèreraient que les services de la Commission ont en main et les volumes et les prix et qu’il n’y aurait pas de soucis à se faire quant au bon écoulement des stocks de beurre et de poudre de lait projeté. En privé, un responsable de EDA a indiqué à Agra alimentation que « ce n’est pas parce qu’elle a décidé de rendre éligibles ces stocks que la Commission européenne va accepter n’importe quoi ».

(1) Seuls quatre Etats membres se seraient opposés à cette décision lors du dernier comité de gestion « produits laitiers » de l’UE: la France, la Pologne, la Tchéquie et la Lituanie.

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