Les producteurs de fruits à cidre ont fait part, lors de leur assemblée générale, de leur souhait de modifier le plan d’arrachage-rénovation du verger cidricole. Il s’agirait à la fois de favoriser la cessation d’activité des producteurs qui le souhaitent, et d’inciter de manière plus souple la replantation par les producteurs motivés.
Entré dans sa première année d’application, le plan d’adaptation du verger cidricole n’a pas correspondu aux réponses des producteurs, est-il ressorti de l’assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC), qui s’est tenue le 15 septembre au Sap (Orne), dans le pays d’Auge.
Le plan d’adaptation du verger, conçu il y a quatre ans, du temps où le principal acheteur de fruits à cidre était CSR-Pernod-Ricard, prévoyait l’arrachage de 200 hectares et l’arrachage suivi de replantation de 475 hectares.
Replantation : il faut plus de souplesse
Or, les réponses des producteurs ne correspondent pas aux grandes lignes du plan : les demandes de cessation définitive dépassent largement les 200 hectares (elles ont porté sur 400 hectares) et le programme de replantation-rénovation nécéssite plus de souplesse.
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Les professionnels souhaitent donc une révision du plan. Ils demandent un programme d’arrachage définitif de 300 hectares, un des problèmes rencontrés par la filière étant que certains producteurs non motivés ne livrent pas les fruits (pommes et poires) de la meilleure qualité. Ils demandent également que les producteurs motivés puissent bénéficier d’extensions de contrats quand ils replantent avec des variétés d’arbres qui réhaussent la qualité du cidre. En outre, dans le programme d’arrachage-replantation, il serait préférable de planter les nouveaux arbres, puis ensuite d’arracher les anciens, afin de faire la soudure et d’éviter des creux dans la production. L’objectif est aussi de prémunir la filière contre un éventuel manque de pommes, a indiqué Frédéric Descrozailles, président d’Unicid. Enfin, les producteurs demandent que le sur-greffage puisse être considéré comme un investissement aidé, dans le cadre des aides à la rénovation. L’arrachage, comme l’arrachage-replantation ou rénovation, est aidé à hauteur de 3 700 euros par hectare.
Ces propositions des producteurs devront, pour pouvoir s’appliquer, être notifiées à Bruxelles, puis acceptées par la Commission.
Pierre-Yves Reboux, président de la FNPFC, a profité de cette assemblée générale pour faire la critique de ce qui ne va pas dans la filière : « Les contrats sont à court terme, or nous faisons une production pérenne. Nous ne voulons pas être les intermittents du cidre ». En outre, la filière est « peu lisible » pour l’extérieur comme pour l’intérieur : qu’est-ce qu’un cidre brut, fermier, traditionnel ? Pourquoi boire du cidre ? Il reste encore d’importants travaux d’image à opérer. « Nous avons besoin d’inventer une nouvelle politique d’image, d’amélioration variétale, sur le long terme, et non au gré des profits à court terme ».