Déclin, développement et stabilité. Derrière ces qualificatifs contradictoires se cachent, selon un rapport de l’office des viandes, les caractéristiques actuelles des trois principales filières de production animale de la Pologne. Depuis la chute du régime communiste, les filières bovine, porcine et avicole ont évolué dans des voies opposées. L’élevage bovin doit faire face à une chute considérable de 65 % de sa production, tandis que la filière porcine a devant elle un avenir assez prometteur au niveau européen. De son côté, le secteur de l’aviculture, après un développement important, pourrait faire face à une certaine stagnation de ses volumes.
Les productions animales sont depuis longtemps un secteur important dans l’agriculture en Pologne. Cependant, depuis la chute du régime communiste et l’entrée dans l’Union européenne, le secteur des viandes a évolué profondément et de manière très différente suivant les filières. C’est notamment ce que révèle un récent rapport de janvier 2005 réalisé par Alix Detilleux pour l’Ofival (office des viandes).
Viandes bovines : diminution de 65 % de la production en 13 ans
Selon le rapport de l’Ofival, la production bovine fait face depuis plusieurs années déjà à un déclin important. Elle est passée d’environ 1 million de tec en 1990 à 350 000 tonnes équivalent carcasses (tec) en 2003, soit une diminution de 65 % en 13 ans. Cette chute s’est concentrée sur deux périodes : entre 1990 et 1994, après la chute du régime communiste, où elle a enregistré une baisse de 565 000 tec en 4 ans, puis entre 1998 et 2002, où elle a à nouveau perdu 150 000 tec. Ces évolutions coïncident avec celles de la production laitière polonaise qui a reculé de 25 % entre 1990 et 2003 essentiellement sur la période 1990-1995. Du côté du secteur laitier, l’application du système des quotas devrait contribuer à diminuer fortement le cheptel en vaches laitières. En 2003, la production laitière polonaise a atteint 11,546 millions d’hectolitres, or l’Ofival rappelle que le quota attribué par Bruxelles est de 8,964 millions d’hectolitres. Ainsi, production de viandes et production laitière devraient continuer à diminuer. La seule voie possible pour limiter la poursuite du repli de la production pourrait être le développement de l’engraissement de jeunes mâles à partir de veaux maigres issus des élevages laitiers. En effet, le contexte actuel de hausse des prix de la viande, pourrait contribuer à donner un nouvel élan au secteur de l’engraissement.
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Une compétitivité accrue pour le porc
La production porcine est depuis longtemps la première production animale du pays en matière de volume (2,2 millions de tec). Malgré quelques baisses (en 1995 et en 2001) et quelques hausses (1996 et 1999), elle est cependant restée assez stable depuis 1990. Depuis cette date, le cheptel total oscille entre 17 et 22 millions de têtes. Fin 2003, il y avait en Pologne près de 18,5 millions de porcs, dont 1,7 million de truies. Le pays se place donc devant la France (15,3 millions de têtes, dont 1,3 de truies) et au troisième rang dans l’Union européenne à 25. Aujourd’hui, la compétitivité de la Pologne en matière de production porcine, devrait se retrouver renforcée au niveau européen et mondial, grâce aux subventions européennes destinées à la mise aux normes et à la modernisation des bâtiments d’élevage d’ici 2007. L’Ofival estime que les petites exploitations, qui réalisent encore aujourd’hui près de 50 % de la production, vont être peu à peu appelées à se développer pour une plus grande productivité.
Une aviculture largement excédentaire
A l’image de ses voisins de l’Est, l’aviculture s’est réellement développée dans les années 70. Aujourd’hui, elle est largement excédentaire et a plus que doublé entre 1995 et 2003. La production totale de volailles s’élevait en 2003 à 870 000 tec, dont 829 000 réalisées par des élevages de type industriel. 106,7 millions de tec ont été exportées (viandes fraîches, abats et produits transformés) en 2003, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à 2001. Plus de 65 % des volumes exportés en viandes et abats étaient destinés aux pays de l’UE à 15 et en premier lieu l’Allemagne. Les 35 % restant étaient exportés vers les pays tiers, dont la moitié vers la Russie, qui reste un important partenaire, dont la part devrait augmenter sensiblement au cours des prochaines années. Comme pour le secteur de l’élevage porcin, la filière avicole va devoir investir pour mettre aux normes et moderniser ses bâtiments d’élevage. Cependant, il semblerait que la poursuite de l’accroissement de la production puisse se tasser, dans la mesure où la consommation intérieure semble avoir atteint un palier. L’entrée dans l’Union européenne devrait assurer aux éleveurs polonais de meilleurs revenus et des prix plus stables, à la hauteur de ceux pratiqués dans l’Europe des 15.