La viande, les céréales et les fruits et légumes font les frais de la dégradation des relations bilatérales entre l’Union européenne et la Russie. Moscou multiplie les prétextes pour refouler des cargaisons entières de marchandises à ses frontières. Les négociations pour relancer les exportations communautaires sont au point mort. Les négociateurs bruxellois comptent sur l’entrée de la Russie à l’OMC pour régler ce contentieux latent depuis plusieurs années maintenant. Mais la perspective d’une adhésion rapide s’éloigne quelque peu.
Le bras de fer engagé par la Russie en Géorgie a porté un sérieux coup au moral des experts vétérinaires européens. Ces derniers, engagés depuis plusieurs semaines dans de difficiles négociations avec Moscou au sujet des résidus de pesticides et de médicaments vétérinaires dans les produits végétaux et les viandes de la Communauté, en sont réduits à attendre l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce. L’intégration de la Fédération russe entraînerait en principe un alignement des normes sanitaires de ce pays sur les standards internationaux, défendent-ils.
« A l’avenir, cela devrait permettre d’éviter que ne se reproduise de façon répétitive ce type de problème pour les exportations alimentaires vers la Russie », promet la Commission de Bruxelles qui a d’ailleurs réitéré son « soutien » à la candidature russe à l’OMC, malgré les opérations militaires russes en Georgie.
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A l’heure actuelle, les négociateurs européens poursuivent les discussions au niveau technique, sans trop y croire : les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ne sont pas prêts à faire monter les enchères avec Moscou sur le dossier agroalimentaire, explique un expert bruxellois, tant le dossier énergétique est prépondérant.
Depuis plusieurs mois, la Russie a renforcé les conditions d’accès à son marché pour les produits alimentaires européens, plaçant à zéro le niveau de tolérance pour certains résidus de pesticides ou de médicaments vétérinaires. Du coup, des cargaisons entières de poulet ou de porcs ont été refoulées après leur examen minutieux aux frontières russes. La perspective d’un retour rapide à la normale est donc sérieusement compromise. D’autant que les services vétérinaires russes ont pris leurs dispositions pour renforcer encore les contrôles aux frontières des produits alimentaires en provenance de l’UE à compter du 1 er octobre prochain.