Selon une évaluation de l’Agence Bio, les ventes de produits biologiques en France devraient atteindre les 7 milliards d’euros en 2016, en hausse de 20 % par rapport à 2015. Ce chiffre d’affaires est tiré par une demande qui ne cesse de se renforcer, les Français souhaitant aujourd’hui trouver aussi du bio chez les artisans ou dans la restauration commerciale.
Le succès du bio ne se dément pas : en 2016, les ventes de produits biologiques atteignent les 7 milliards d’euros, en forte hausse de 20 % par rapport à 2015, année elle-même marquée par une progression de 10 %. Même si le chiffre définitif ne sera arrêté par l’Agence bio qu’en mai prochain, la tendance est bel et bien là. « Les ventes en magasins spécialisés biologiques progressent de 25 %, souligne Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio, probablement plus encore si on en croit les échos que nous avons de certaines chaînes de magasins spécialisés qui font état de vente en hausse de 30 % ». Le rythme s’accélère donc, ce qui fait dire à Didier Perréol, président de l’Agence Bio, que le secteur « change d’échelle en préservant ses fondamentaux ».
Un plébiscite qui s’inscrit dans la durée
Les opérateurs de l’agroalimentaire sont de plus en plus nombreux à se faire certifier bio. « En 2016, nous avons dénombré 47 185 opérateurs bio, ce qui représente une hausse de +11,5 %, dont 14 859 transformateurs, distributeurs, importateurs et exportateurs », poursuit Florent Guhl. Les agriculteurs s’y mettent aussi : les surfaces bio et en conversion progressent de 16 % et représentent 1,5 million d’hectares. Même s’il s’agit d’une fraction limitée de la surface agricole utile (5,7 %), l’Agence Bio se montre confiante dans l’avenir en soulignant qu’un tiers des surfaces sont au stade de la conversion. L’Occitanie est la première région par les surfaces converties, le quart Nord-Est étant plutôt en retard par rapport aux autres régions. Les grandes cultures et l’élevage bovin (viande et lait) connaissent les plus fortes progressions.
Le chiffre d’affaires des produits biologiques est tiré par une forte demande des consommateurs. Selon le baromètre CSA pour l’Agence Bio réalisé en janvier 2017 et dévoilé le 21 février, la consommation gagne en fréquence avec désormais 69 % qui consomment tous les mois des produits bio (contre 65 % en 2015) et 15 % tous les jours (contre 10 %). L’indice de confiance est plutôt élevé : face aux crises alimentaires répétées, le bio est une valeur refuge. Plus des trois quarts des sondés estiment que les produits biologiques sont sans OGM, sans colorants et arômes artificiels, contrôlés chaque année et soumis à un cahier des charges précis. Ils achètent les produits en raison de leur impact positif sur la santé et l’environnement, mais aussi pour leur qualité et leur goût.
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Les Français veulent du bio partout
Pour l’avenir, les Français qui consomment du bio vont maintenir leurs achats, et même les renforcer pour 29 % d’entre eux dans les six prochains mois. Presque aucun consommateur ne souhaite diminuer ses achats auxquels il consacre pour la grande majorité un quart ou moins du budget alimentaire. Leurs souhaits portent sur la disponibilité des produits : 80 % attendent du bio au restaurant, 77 % à l’hôpital, 68 % en restauration rapide et même 54 % en distribution automatique, autant de secteurs où l’offre bio est faible. Neuf parents sur dix souhaitent des produits bio en restauration scolaire. Et parmi les produits qu’ils veulent acheter davantage figurent les fruits et légumes, les viandes, les produits de la mer et les œufs. Reste à savoir si la production suivra. Sachant que les consommateurs de bio veulent des produits locaux et limiter l’export, il est essentiel pour la production et la transformation françaises d’assurer des volumes suffisants. A ce sujet, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) s’est alarmée le 16 février du non-versement aux agriculteurs de la totalité des aides d’État à la conversion et au maintien ainsi que certaines mesures agro-environnementales pour 2015 et 2016, même si des avances "largement insuffisantes" ont été versées. Et de s’interroger : "Le président de la République et son ministre de l’Agriculture porteront-ils en cette fin de mandat la responsabilité d’avoir brisé l’élan de l’agriculture bio française ? Porteront-ils la responsabilité d’empêcher les agriculteurs de répondre aux attentes des consommateurs, quitte à favoriser les importations ?"
Les ventes de Naturéo en hausse de 42% en 2016
Si les grands acteurs de la distribution bio n'ont pas encore donné leur bilan de l'année passée, Naturéo a déjà diffusé ses chiffres clés 2016 : l'enseigne a réalisé 92 millions d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 42%. Un résultat qui s'explique en partie par un changement de périmètre puisque l'entreprise qui fête ses 10 ans a ouvert 11 supermarchés en 2016, alors que son parc comptaient 20 magasins fin 2015 (Agra Alimentation du 30 juin 2016). Naturéo s'implante surtout en périphérie d'agglomération et se développe par des créations en propre ou des acquisitions de magasins bio déjà établis. Une vingtaine d'ouvertures sont prévues en 2017.