Après la viande, les services vétérinaires russes menacent de stopper les importations de produits laitiers polonais à partir du 1 novembre prochain. Varsovie réplique en soulevant la question de l’adhésion de la Russie à l’OMC.
«L’Union européenne et la Russie traversent une période difficile à un moment où leurs relations sont structurellement sous-développées et politiquement ultra-sensibles », a reconnu le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, lors d’une conférence, le 17 octobre, sur les relations entre les deux ensembles. Estimant que Moscou doit faire des efforts pour boucler ses négociations d’adhésion à l’OMC, le commissaire britannique a regretté que la relation « dérape » au moindre détail, faisant une brève allusion au contentieux sur la viande polonaise.
Ce dossier ne cesse de rebondir depuis l’instauration, en novembre 2005 par la Russie, d’un embargo sur l’ensemble des produits carnés polonais. Moscou accuse les services sanitaires polonais de laisser, par négligence, les opérateurs se livrer à des fraudes. Des produits interdits, en provenance de pays tiers non européens seraient importés en Pologne pour y être exportés vers la Russie comme s’ils étaient des produits polonais.
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L’Europe accusée de laxisme
De façon plus générale, la Russie a accusé, le 17 octobre, l’Union européenne de faire preuve de « laxisme » sur la qualité de ses exportations de produits alimentaires. Pour l’ambassadeur russe auprès de l’UE Vladimir Tchijov, les services européens sont « plus laxistes sur ce qui sort de l’UE et ne s’inquiètent pas vraiment de ce qui transite à travers l’UE ». Selon lui, les contrôles européens portent essentiellement sur les produits destinés à être consommés à l’intérieur du marché communautaire. Concernant le problème polonais, l’ambassadeur a déploré que « les autorités polonaises politisent le problème (…) Il n’y a eu aucune politisation de la question du côté russe. Il s’agit de protéger les consommateurs russes », a-t-il assuré.
Mais, à l’approche du prochain sommet russo-européen, le 26 octobre, près de Lisbonne, les services vétérinaires russes ont adressé un nouvel ultimatum à Varsovie. « Nous avons reçu une lettre exigeant des vérifications de toutes nos entreprises souhaitant exporter des produits laitiers en Russie. Il y est dit que si courant octobre, ces vérifications n’ont pas été faites, à partir de novembre, ces produits seront interdits », a déploré le vice-ministre polonais de l’agriculture Jan Krysztof Ardanowski. « La Pologne voudrait que la Russie devienne membre de l’OMC. Mais si l’approche de la Russie à l’égard de la Pologne ne change pas, alors nous serons obligés de nous prononcer contre l’entrée de la Russie dans l’OMC ».