Les professionnels français des céréales (producteurs, exportateurs, pouvoirs publics) comptent beaucoup sur des contrats d’exportation de blé tendre vers l’Égypte. C’est ce qui ressort du conseil spécialisé de l’Office national interprofessionnel des grandes cultures (OniGC), réuni le 10 septembre.
La récolte française de blé tendre en forte hausse cette année laisse une capacité exportable de 8 millions de tonnes (Mt) en 2008-2009 vers les pays tiers, contre 4,9 Mt en 2007-2008, déduction faite des utilisations intérieures et des ventes vers les autres pays de l’UE. « Il faudra faire mieux sur l’Égypte » que la campagne dernière, a souligné Rémi Haquin, président du conseil spécialisé des céréales de l’OniGC.
Or, justement, toute la région qui s’étend de l’Iran à l’Égypte en passant par l’Irak et la Jordanie est atteinte par une sécheresse, qui augmentera les besoins en blé, notamment ceux du premier importateur mondial qu’est l’Égypte, selon Rémi Haquin.
Une forte concurrence sur les céréales fourragères prévue en 2008/09
Par ailleurs, l’OniGC prévoit une forte concurrence entre céréales fourragères (blé fourrager, orge, maïs) en 2008/09 sur le marché de l’alimentation animale. Cela du fait d’une récolte de maïs en nette reprise dans l’UE et d’importantes quantités de blé fourrager dans le monde. Les industries de l’alimentation animale auront un rôle clé sur les marchés céréaliers, a estimé Patrice Germain, directeur général adjoint de l’office. Ce sont elles qui arbitreront en faveur du blé, de l’orge ou du maïs, étant donné l’importance des récoltes fourragères.
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Le blé fourrager est abondant partout dans le monde : dans toute une partie de l’UE où les blés de qualité panifiable se font rares (Royaume-Uni, Allemagne, Roumanie), en Ukraine, au Canada, et même aux États-Unis où la moisson de blé de qualité standard, le Soft Red Winter, atteint un niveau inédit depuis le début des années 1980.
La moisson européenne de maïs quant à elle pourrait atteindre 60 Mt, soit 11 de plus que l’an dernier. La production roumaine augmenterait de 5 Mt, à 9,5 Mt. La production hongroise doublerait purement et simplement.
Quant à la récolte européenne d’orge, elle est estimée en hausse de 6 Mt, à 64 Mt.