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Les professionnels du végétal proposent des pistes pour dynamiser la filière

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Pour donner un nouvel élan au marché des végétaux, la filière horticole mise sur un renouvellement de ses façons de penser, de vendre et surtout de communiquer. Elle a énuméré quelques pistes à l’occasion du Salon du végétal.

Alors qu’il pourrait profiter du mouvement de la société française qui revendique un retour à la nature et demande de consommer plus sain, le marché des végétaux reste désespérément stable, ont déploré les membres du réseau Hortea à l’occasion du Salon du végétal qui se tenait du 20 au 22 juin à Nantes. Le groupe de veille et prospective horticole Hortea estime que les professionnels du secteur doivent se remettre en question, et vite.

Des offres adaptées aux modes de vie

Certains axes de travail sont « des évidences », estime le réseau Hortea : proposer des gammes de végétaux riches, conseiller l’acheteur qui souhaite jardiner ou lui donner les clés pour réussir son jardin notamment. Mais les professionnels doivent également intégrer les évolutions de la société et proposer des offres au goût du jour : décliner des gammes de végétaux et équipements « facilitateurs » adaptés aux nouveaux espaces de vie (mobiliers et variétés pour les balcons par exemple) ou diversifier les modes de distribution (boutiques éphémères, commandes par internet).

S’inspirer du bricolage et du sport

Et pour passer du « désir de jardiner au faire » du jardinage, les professionnels des végétaux veulent s’inspirer d’autres secteurs. Le bricolage par exemple. Les enseignes de bricolage ont compris la multiplicité des demandes, remarque le réseau Hortea. Ainsi, elles proposent à la vente des « produits finis » (l’achat de mobilier avec le service de pose directement à la maison), des ateliers d’apprentissage pour les non-bricoleurs qui souhaitent apprendre, ou même des tutoriaux video sur leur site internet pour ceux qui souhaitent faire eux-mêmes. Le secteur du végétal pourrait diversifier ses offres sur le même modèle (achat des plantes et du service du paysagiste, formations au jardinage, ou conseil vidéo pour faire pousser soi-même ses graines).

Plus surprenant, les professionnels du végétal peuvent s’inspirer du milieu du sport, estime Hortea. « Avant, seuls les sportifs allaient courir, aujourd’hui tout le monde court pour garder la forme. Il faut entrer dans la même démarche avec le jardinage. Il n’y a pas que les jardiniers qui doivent jardiner ! ». Tout comme le milieu du jogging s’est trouvé des « tendances makers » comme Barack Obama ou des blogueurs influents, l’horticulture doit trouver des relais d’opinion exposés dans les médias ou sur le web (Instagram), explique Hortea.

Créer « un grand mouvement »

Si le travail à accomplir est encore conséquent, la filière ne part pas de zéro. « Il existe des initiatives intéressantes, mais elles sont trop dispersées » (le festival SEVE – Scène d’expression végétale éphémère – à Montpellier, les événements aux jardins Terra Botanica à Angers…). Il y a de nombreuses petites organisations de jardiniers « mais il manque un grand mouvement », fait remarquer Hortea qui propose de s’inspirer du travail de l’interprofession des fruits et légumes frais Interfel qui s’est montrée efficace à travers la promotion des « cinq fruits et légumes par jour » ou avec son événement « Fraich’attitude » qui réunit tous les métiers de la filière. Mais Interfel et Val’hor, l’interprofession horticole, ne disposent pas des mêmes budgets…

« Il n’y a pas que les jardiniers qui doivent jardiner ! »