Les conditions sont favorables au décollage des sacs plastiques biosourcés, a indiqué Elipso, le syndicat des fabricants d'emballages plastiques, le 21 octobre lors de son point presse annuel. Parmi ces conditions favorables, la loi de transition énergétique, et un enjeu stratégique : la relocalisation de l'industrie des sacs plastiques, qui se trouve pour l'instant principalement en Chine.
Les conditions sont favorables au décollage des sacs plastiques biosourcés. En premier lieu, la loi de transition énergétique interdira à partir de 2016 les sacs à usage unique, sauf les sacs biosourcés et compostables. L'objectif du gouvernement est de réduire drastiquement la consommation de sacs plastiques de caisse d'origine fossile. Pour cela, deux moyens : encourager le sac solide réutilisable apporté par le client au magasin ; et remplacer les sacs de caisse pétrosourcés par les sacs de caisse en bioplastique.
Interdiction et non taxation des sacs plastiques
Mais encore faut-il que les décrets d'application sortent. Les professionnels ont le souvenir de la loi de modernisation de l'agriculture de 2010 qui devait s'appliquer en 2014 et dont les décrets d'application ne sont jamais sortis (voir encadré). Il est vrai que la loi de 2010 prévoyait une taxation des sacs plastiques à usage unique d'origine fossile pour rendre plus compétitifs les sacs biosourcés. Les enseignes de distribution avaient fait valoir que la taxation engendrerait un surcoût pour elles et qu'elles le répercuteraient aux consommateurs.
Cette fois, la loi n'impose pas une taxation, mais une interdiction des sacs de caisse à usage unique, y compris à titre gratuit, sauf pour les sacs en bioplastique.
La différence de prix entre le sac de caisse d'origine fossile et celui qui est en bioplastique est encore élevée, le bioplastique étant deux à trois plus cher que le plastique fossile, mais « elle s'amenuise tous les jours », selon Françoise Gérardi. Autre condition favorable : la fabrication de sacs plastiques biosourcés « n'obligera pas les fabricants à changer leurs équipements ». De plus, le gisement de matières premières (amidon de blé, de maïs, de pommes de terre) existe et au moins quatre amidonniers sont prêts à produire le bioplastique nécessaire : Roquette, Sphère, Limagrain, Novamont.
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L'enjeu de la relocalisation par l'innovation
Enfin, last but not least, la production de sacs biosourcés relocalisera la production, les sacs à usage unique provenant d'Asie à 85%. Sur les 80 000 tonnes de sacs plastiques à usage unique (dont 35 000 tonnes de sacs pour les fruits et légumes) en matière fossile utilisées par an, 40 000 peuvent être remplacées par des substrats biosourcés, le reste étant remplacé par les sacs solides réutilisables, évalue Françoise Gérardi.
L'innovation qu'entraîne le virage vers les sacs en bioplastiques correspond tout-à-fait à la stratégie des professionnels, qui est de ne pas faiblir l'investissement dans l'innovation. Au premier semestre 2014, les entreprises d'emballages plastiques « ont consacré 4,5% de leur chiffre d'affaires, contre 4% sur la même période en 2013 », s'est félicité Dominique Paul-Vallée, président d'Elipso. Dans cet esprit, le syndicat des fabricants d'emballages plastiques est membre de l'Association pour la chimie du végétal (ACDV), pour l'émergence de produits alternatifs aux produits d'origine pétrolière.
La loi de modernisation de l'agriculture de 2010 avait prévu une taxation des sacs plastiques de caisse, à l'exception des sacs plastiques biosourcés. Mais le décret d'application n'est jamais paru. « L'idée a fait son chemin en Italie. Ce pays a repris le contenu de la loi française et l'a introduit dans une loi en 2011 », rappelle Christophe Doukhi de Boissoudy, président du club Bioplastiques, club qui œuvre pour l'éclosion de l'industrie des plastiques biosourcés. Tout retard dans le décollage de la production érode la durée de vie des brevets, ajoute-t-il. En effet, après leur durée de validité, ils tombent dans le domaine public. « Si un jour la production de sacs à usage unique biosourcés est réalisée sur le continent asiatique, il sera trop tard ».