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Les programmes opérationnels attirent les convoitises

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Dix millions d’euros restent à flécher vers les filières pour créer de nouveaux programmes opérationnels, dans le cadre de la prochaine Pac. Une enveloppe dérisoire qui attire le monde de l’élevage mais aussi l’horticulture.

Invités par les députés de la commission des affaires économiques (Coméco) à participer à une table-ronde sur la structuration des filières le 2 novembre, les AOP de l’Ouest Cerafel (légumes), Poplait (lait) et Porcs Grand Ouest (porcs) ont prôné le regroupement des producteurs en OP pour « concentrer » l’offre, et ainsi « peser sur le marché » afin d’améliorer véritablement le revenu des agriculteurs. « On attend de vous, Mesdames et Messieurs les députés, de faire en sorte que les agriculteurs puissent agir collectivement, et pour ça il faut encourager les OP et AOP, via un bonus individuel pour inciter à l’organisation économique, et via le financement de programmes opérationnels (PO) », a déclaré le président de Poplait Fabrice Guérin.

Lire aussi : Organisations de producteurs : trois AOP de l’Ouest veulent plus de moyens de la Pac

À l’instar de la filière des fruits et légumes habituée des PO pour se structurer, Poplait et Porcs Grand Ouest veulent obtenir des cofinancements européens via la mise en place de PO durant la prochaine Pac (2023-2027). « Nous voulons être intégrés aux négociations sur la répartition des financements prévus par les PO dès cet automne » a ajouté M. Guérin, qui espère obtenir un rendez-vous à ce sujet avec le ministère de l’Agriculture.

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10 millions à répartir

Dans la déclinaison nationale de la prochaine Pac (PSN), la France prévoit de réorienter 0,5 % des aides directes vers le cofinancement de nouveaux PO, c’est-à-dire hors filière fruits et légumes. Cela représente un budget de 33 millions d’euros (M€) par an, selon la fédération des coopératives et Sica de producteurs de fruits et légumes (Felcoop). « La France a déjà fléché 22 M€ vers les protéines végétales, donc il reste en gros 10 M€ qui ne sont pas fléchés », explique la directrice de Felcoop Caroline Ducourneau. Le cabinet du ministre de l’Agriculture a confirmé ces chiffrages le 9 novembre, précisant que les nouveaux PO seront mis en place « à partir de 2024 », et que « les contenus des programmes ne sont pas encore déterminés ».

Reste donc à trancher qui bénéficiera de l’enveloppe de 10 M€ pour mettre en place des PO. Un montant dérisoire, au regard du montant annuel d’aides directes touché par certaines filières, mais qui attire les convoitises. « Politiquement, c’est un peu la guerre », glisse-t-on en coulisses, car les filières d’élevage mais aussi l’huile d’olive et l’horticulture sont intéressées. Felcoop, qui épaule la filière horticole pour créer des OP avec PO, estime que ce projet « consommerait 6 M€ ». « L’horticulture est un secteur qui n’a jamais eu aucune aide, ni nationale, ni européenne, donc pour laquelle cela se justifie bien de pouvoir avoir cette enveloppe-là », glisse Caroline Ducourneau. L’arbitrage du gouvernement est attendu pour l’automne 2023, selon Felcoop.

« Nous voulons être intégrés aux négociations »