Abonné

Lait Les propositions de Bruxelles ne suffisent pas, selon les producteurs laitiers

- - 3 min

L’European Milk Board, qui plaide pour la mise en place d’une agence européenne de surveillance afin de réguler le marché laitier une fois les quotas abandonnés, prépare une grande manifestation devant le Parlement européen les 26 et 27 novembre. Objectifs : alerter sur la situation de crise du secteur et peser dans les négociations sur la réforme de la Pac. Le Copa-Cogeca, aussi, estime que les propositions de la Commission européenne ne suffisent pas.

À l’appel de l’European Milk Board (EMB), 500 à 1 000 tracteurs sont attendus dans les rues de Bruxelles les 26 et 27 novembre pour alerter les institutions européennes sur la situation « dramatique » des producteurs de lait dans l’UE. « La Commission européenne nous dit que les stocks sont bas et que les prix sont au-dessus des niveaux d’intervention mais ces données ne disent rien de la situation réelle des éleveurs qui est semblable à ce qui s’est passé en 2009 », a expliqué Romuald Schaber, président de l’EMB, lors d’une conférence de presse le 19 novembre à Bruxelles. Selon l’EMB, dans la plupart des pays de l’UE, les coûts de production du lait dépassent les prix de vente. L’adoption du paquet lait a permis de petites avancées (comme les contrats) mais qui sont insuffisantes, estime Romuald Schaber. Il plaidera donc auprès des parlementaires européens pour la mise en place d’une agence européenne de surveillance chargée de réguler le marché laitier une fois les quotas abandonnés (en 2015). Cet organisme évaluerait la moyenne des coûts de production européens et adapterait l’offre à la demande en cas de crise. Parmi les instruments à sa disposition : le gel volontaire d’une partie de la production par les éleveurs, que propose dans son rapport sur l’OCM unique dans le cadre de la réforme de la Pac l’eurodéputé Michel Dantin. Les producteurs laitiers qui décideraient de réduire une partie limitée de leur production (5% au maximum par exemple) recevraient une aide en contrepartie. « Nous voyons cette mesure d’un très bon œil », indique le président de l’EMB.

Intervention et stockage privé

Pour les organisations et coopératives agricoles européennes (réunies au sein du Copa-Cogeca) non plus le paquet ne suffira pas à réguler le marché après la fin des quotas. Le Royaume-Uni, la Belgique, le Danemark, l’Estonie, l’Allemagne, l’Autriche, l’Irlande, les Pays-Bas et la Pologne vont introduire les contrats sur base volontaire, tandis que la France, l’Espagne, la Hongrie, la Lituanie, le Portugal, l’Italie et la Slovaquie adopteront (ou ont déjà adopté) une approche obligatoire. Lors d’un séminaire organisé à Bruxelles le 14 novembre, sur la mise en œuvre dans les États membres du paquet lait, les intervenants ont souligné « l’importance des outils de gestion des marchés, tels que l’intervention et le stockage privé qui restent les instruments les plus efficaces pour aider à faire face aux crises sur le marché européen ». Et, selon le Copa-Cogeca, les mesures proposées par la Commission européenne dans le cadre de la future Pac ne devraient pas renforcer la position des agriculteurs européens face à la volatilité des marchés. (AG)

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Institutions
Suivi
Suivre
Commission européenne
Suivi
Suivre