L’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) compte adresser 16 propositions aux candidats à l’élection présidentielle, visant à favoriser la croissance des start-up, PME et ETI, et la création d’emplois en France. L’ambition de l’Afic est de doubler d’ici 5 ans la taille du marché du capital-investissement français, actuellement deuxième en Europe derrière le Royaume-Uni.
L’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) veut faire du capital-investissement français un des vecteurs de la croissance des PME et de la création d’emplois en France. L’ambition de l’Afic est de doubler d’ici 5 ans la taille du marché du capital-investissement français, actuellement deuxième en Europe derrière le Royaume-Uni. Cet objectif vise à apporter plus de capitaux propres aux entreprises pour les aider à changer de taille et à être plus fortes dans la concurrence mondiale.
Son président, Olivier Millet a dévoilé 16 propositions lors d’une conférence de presse le 24 janvier, qu’il compte adresser aux candidats à l’élection présidentielle. Ces 16 propositions visent quatre principaux objectifs. Le premier prévoit d’orienter plus fortement l’épargne française vers le financement en fonds propres des start-up, PME et ETI, le second de favoriser l’investissement dans les entreprises par une fiscalité incitative, le troisième de mieux partager la valeur créée entre les salariés, les cadres et les dirigeants et enfin le dernier, d’accompagner le défi du financement de l’innovation et des infrastructures.
Olivier Millet a pour ambition "de réconcilier le capital et le travail, de proposer une nouvelle alliance entre l’épargne des Français et le financement des entreprises non cotées". Aujourd’hui "30 à 40 % des capitaux levés et donc investis dans le non-coté français proviennent de l’étranger. Est-ce qu’on ne pourrait pas ouvrir plus largement aux épargnants français ?", s’interroge ainsi ce dernier, conscient en tout cas que la question mérite d’être posée. D’où cette initiative qui est une première pour l’association "de présenter un tel programme économique, à la frontière de la politique", concède-t-il. Le président de l’Afic veut donc faire du capital-investissement une nouvelle forme d’actionnariat professionnel, "la quatrième voie capitaliste" comme il l’appelle, "aux côtés de la Bourse, de l’actionnariat familial et de l’Etat".
Les points forts du capital-investissement
Chiffres à l’appui, l’Afic rappelle combien il est important d’aider les entreprises à changer de taille. "Le nombre des entreprises entre 10 et 250 salariés est 25 % plus faible en France qu’au Royaume-Uni et 40 % plus faible qu’en Allemagne. Or, ce sont elles qui tirent l’emploi et la croissance d’un pays", souligne ainsi l’association, qui s’est fixé pour objectif de "doubler le marché du capital-investissement français à moyen terme pour irriguer encore plus les entreprises en capitaux et soutenir des projets audacieux, moteurs de la croissance de demain".
En 2015, "les 300 membres actifs de l’Afic ont levé 10 milliards d’euros et investi 11 milliards dans l’économie productive", indique Olivier Millet, qui prévoit encore "une très bonne année 2016 pour le financement en fonds propres des entreprises et ce pour la cinquième année consécutive", avec une hausse anticipée "de 20 à 30 % des fonds levés et investis". Les 6 500 entreprises accompagnées par l’Afic, correspondant à un flux annuel moyen de 1600 entreprises sur les dix dernières années, totalisent un chiffre d’affaires de 225 milliards d’euros et représentent 1,4 million d’emplois, soit 9 % du secteur marchand en France (hors secteur agricole). Des entreprises qui, toujours selon l’Afic, "croissent trois fois plus vite que l’économie française et créent beaucoup plus d’emplois (256 000 dans les entreprises non cotées entre 2010 et 2015, quand le secteur marchand a généré seulement 15 000 emplois supplémentaires)".
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Mieux orienter l’épargne des Français
Une manne dont l’épargne française ne profite pas vraiment, puisque "seulement 1 % de l’épargne gérée par les investisseurs institutionnels français est investie dans les entreprises non cotées", selon l’association, un ratio qui passe à 3 % pour les assureurs européens et à 6 % pour les caisses de retraite nord-américaines.
Parmi les propositions visant à combler ce retard, Olivier Millet souhaite ainsi "une meilleure orientation de l’épargne vers les entreprises non cotées, en favorisant par exemple, l’investissement des contrats d’assurance-vie dans le non-coté, et aussi faciliter la rotation du capital". En effet, insiste-t-il, "notre capitalisme et notre épargne sont bloqués et en l’état ne permettent pas suffisamment aux entreprises de se développer".
D’où les propositions de l’Afic de supprimer l’ISF ou encore de réformer la taxation des plus-values mobilières avec une "flat tax" à 25 %, "dans la moyenne des taux européens", note l’Afic. Des mesures qui réduiraient certes les rentrées dans les caisses de l’Etat dans un premier temps, mais auraient un effet positif à long terme pour l’économie. "En investissant dans les entreprises, celles-ci peuvent à leur tour investir et embaucher en France, créant ainsi un cercle vertueux, dont tout le monde à gagner", ajoute Olivier Millet.
Le partage de la valeur
Autre sujet cher au président de l'Afic : le partage de la valeur. Ce serait la proposition qu'il retiendrait s'il ne devait en garder qu'une seule parmi les 16. "Notre métier est de collecter de l’épargne pour investir, mais si nous voulons que cette forme de capitalisme s’ouvre plus largement, il faut que tous, salariés et dirigeants, soient associés à la création de valeur au sein de leur entreprise, c’est le sens des mesures que nous proposons". À l’automne dernier, lors de l’examen du projet de loi de Finances 2017 sur la fiscalité du régime des attributions d’actions gratuites, l’Assemblée a fait machine arrière sur certains des allégements prévus. L’Afic estime "urgent de restaurer un dispositif fiscal et social attractif pour les plans d’attributions gratuites d’actions tout en veillant une stabilité de ces règles dans le temps". Enfin, les dernières propositions de l’association visent à soutenir l’innovation et les infrastructures, qui "sont de forts relais de croissance en France et contribuent à créer notre économie de demain". L’Afic déplore notamment le fait qu’un trop grand nombre de start-up françaises "part encore trouver des financements auprès d’investisseurs étrangers".