« Le secteur agro-alimentaire européen doit s'assurer que l'impact de toutes les politiques en matière de biocarburants qui pourraient être décidées par l'UE soit dûment pris en compte et qu'une attention particulière soit accordée pour assurer la disponibilité et la compétitivité de l'approvisionnement en matières premières agricoles pour la production de denrées alimentaires et de boissons ». C'est l'avertissement que vient de lancer la CIAA (Confédération des Industries Agro-Alimentaires de l'UE) aux responsables européens suite aux conclusions du Sommet européen des 8 et 9 mars qui a demandé la mise en place de dispositions en matière d'énergies renouvelables en vue « d'améliorer la sécurité énergétique, d'infléchir la hausse prévue des prix de l'énergie et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. »
L’industrie alimentaire et des boissons de l'UE transforme près de 70% de la production agricole et si nous devons à l'avenir partager les mêmes matières premières que celles fournies aux sociétés fabriquant des biocarburants, nous allons vers de sérieuses difficultés pour le secteur », indique à Agra alimentation Sabine Henssler, une des co-responsable du dossier au sein de la CIAA. « Nous sommes en train d'analyser en détail les propositions du Conseil européen pour adopter une position officielle mais nous pouvons déjà exprimer des inquiétudes en ce qui concerne le chapitre des biocarburants qui auront un impact direct sur l'industrie agro-alimentaire », souligne-t-elle.
Dans ses conclusions publiées le 9 mars, le Conseil européen a réaffirmé « la détermination à long terme de l'UE » de poursuivre au-delà de 2010 le développement des énergies renouvelables dans l'ensemble de l'UE. Il y souligne que tous les types d'énergies renouvelables, lorsqu'ils sont utilisés de manière économiquement rationnelle, « contribuent à la fois à la sécurité de l'approvisionnement, à la compétitivité et au développement durable ». Le Conseil européen est également persuadé qu'il est primordial « d’adresser un signal clair au secteur industriel, aux investisseurs, aux innovateurs et aux chercheurs ». Pour toutes ces raisons, il a donc approuvé les objectifs d'arriver à une proportion contraignante de 20 % d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l'UE d'ici 2020 et à une proportion minimale contraignante de 10 % de biocarburants dans la consommation totale d'essence et de gazole destinés au transport au sein de l'UE. Ce dernier objectif devant être réalisé d'ici 2020 « par tous les États membres, et ce à un coût raisonnable ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un cadre global pour éviter les désaccords
Le caractère contraignant de ce seuil se justifie, souligne le Conseil, « sous réserve que la production ait un caractère durable, que des biocarburants de deuxième génération soient mis sur le marché et que la directive sur la qualité des carburants soit modifiée en conséquence, pour prévoir des niveaux de mélange adéquats ». Pour atteindre ces objectifs, le Conseil européen préconise un cadre global pour les énergies renouvelables, qui pourrait être établi sur la base d’une proposition de nouvelle directive globale concernant l'utilisation de toutes les sources d'énergies renouvelables que la Commission présenterait en 2007. Cette proposition devrait s'aligner sur la législation communautaire existante et pourrait comporter des dispositions concernant les objectifs globaux des États membres au plan national, les plans d'action nationaux comprenant des objectifs sectoriels et les mesures à prendre pour les atteindre, des critères et dispositions « visant à assurer une production et une utilisation durables des bioénergies et à éviter les désaccords liés aux différentes utilisations de la biomasse ».