Une peur répandue « délibérément » selon les Amis de la terre
Le débat sur la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des pays producteurs de maïs et de soja divise profondément les fabricants d’aliments pour animaux et les organisations écologistes. Selon les Amis de la terre, « l’industrie des aliments composés et celle des biotechnologies répand délibérément la panique » à ce propos. « Les véritables raisons de la raréfaction des aliments pour animaux sont liées à l’utilisation des sols pour la production de biocarburants et à l’augmentation de la consommation de viande dans des pays tels que la Chine », défend Helen Holder, responsable de la campagne OGM des Amis de la terre. Les surfaces consacrées au soja aux Etats-Unis, le premier producteur mondial, ont chuté de 15 % en 2007, rapporte l’organisation, et ce, en raison de l’attrait des biocarburants pour les agriculteurs américains. En même temps, ajoute-t-elle, la consommation de préparation à base de soja pour l’alimentation des élevages progresse de 5%, soit environ 5 millions de tonnes par an, à cause de l’augmentation de la production de viande asiatique.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Risque de « rupture totale de l’approvisionnement », selon la Fefac
En revanche pour la Fefac (Fabricants européens d’aliments composés), « la politique de la tolérance zéro menée par l’UE génèrera des crises aux niveaux de l’industrie des aliments des animaux, de l’industrie des denrées alimentaires et de l’élevage et conduira à une rupture totale de l’approvisionnement ». Celle-ci indique que pour la première fois le maïs MIR 604 et MON 88017 vont être cultivés aux Etats-Unis cette année, et du maïs GA 21 le sera en Argentine. L’UE va devoir importer plus de 10 millions de tonnes de maïs et de produits à base de maïs, indique la Fefac. Il lui sera donc très difficile de trouver sur le marché les volumes nécessaires exempts de toute trace de ces trois OGM dans les prochains mois. Selon le président de la Fefac, Pedro Correa de Barros, « l’interdiction de facto d’importer du maïs fourrager et des préparations à base de maïs en provenance d’Argentine a d’ores et déjà occasionné un surcoût de 2 milliards d’euros à l’industrie européenne de l’élevage ». Il demande donc l’introduction « d’une tolérance praticable pour la présence, à de faibles taux, d’événements OGM toujours interdits dans l’UE dans les aliments pour animaux (…) une condition sine qua non, prévient-il, si nous voulons pouvoir continuer à fournir suffisamment de produits d’origine animale aux consommateurs européens ».