Du soulagement teinté d’amertume à la critique violente, voilà l’éventail des réactions syndicales suite à l’accord du 1 er décembre sur l’orientation à donner au prix du lait. La FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait), négociatrice de l’accord avec les industriels et coopératives, déclare qu’elle continuera à « prendre toutes ses responsabilités ».
« La valorisation des produits industriels n’a jamais été aussi basse, constate la FNPL : moins de 200 euros pour 1000 litres de lait mis en œuvre, alors qu’elle se maintenait entre 270 et 300 euros avant la réforme de Luxembourg. » « C’est dans ce contexte que la FNPL a pris ses responsabilités et a signé un accord qui limite la baisse pour les 5 prochains mois et placera le prix français parmi les plus hauts de l’Union européenne. » Mais, insiste la fédération, elle « met solennellement en garde les entreprises laitières ainsi que la grande distribution : elle n’admettra en aucun cas que cet accord ne serve de prétexte à affecter le marché des produits de grande consommation. » Dans une déclaration publique, le président de la FNSEA va dans le même sens : « Défendre le revenu des agriculteurs sans oublier la réalité, c’est-à-dire la situation du marché, est notre credo. Cela montre la différence avec d’autres… » L’intérêt de la filière laitière et le travail de son interprofession, explique J.M. Lemétayer, « sont de faire en sorte que les entreprises coopératives ou privées et les producteurs puissent se comprendre. » Et d’expliquer : « En signant cet accord au niveau national, les responsables que nous sommes, voulaient éviter l’alignement sur le moins disant. En effet, négocier laiterie par laiterie c’est prendre le risque de la division, de la pression directe sur les producteurs et, in fine, de la spécialisation régionale. »
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De leur côté les Jeunes agriculteurs se disent soulagés. Dans un communiqué diffusé le 2 décembre, les Jeunes agriculteurs affirment que le syndicat « ne peut se satisfaire des résultats de cette négociation, mais prend acte de cet accord qui a au moins le mérite d’apporter un repère dans la turbulence actuelle ». De son côté, le ministre de l’Agriculture, dans un communiqué, prend acte de l’accord et « invite les familles professionnelles à travailler ensemble à des propositions concrètes sur les modalités de contractualisation qui permettront de garantir, sur la durée, des volumes et des prix déterminés sur la base d’indicateurs fiables ». En revanche, la Confédération paysanne a estimé que la FNSEA, la FNCL et la Fnil se sont mis d’accord pour faire baisser le prix du lait. « Les mêmes décidaient il y a un an d’autoriser les dépassements de quotas de 15 % qui ont entraîné des excédents de production », affirme la Confédération. L’OPL, branche de la Coordination rurale, stigmatise le résultat de la négociation et affirme que « c’est aux producteurs laitiers de juger de l’efficacité du seul syndicat présent à la table des négociations et de la pertinence de cet accord ».