Les agriculteurs s'estiment lésés
Pour les chambres d'agricultures (APCA), les résultats livrés par la 3e édition de l'Observatoire des prix et des marges, présentée le 21 avril, confirment « que les coûts de production des agriculteurs, lorsqu'on y inclut la rémunération de la main d'œuvre familiale, ne sont pas couverts par les prix, ni même par les prix et les aides dans certaines filières », et « que la baisse des prix agricoles n'est pas proportionnellement répercutée dans les prix que payent les consommateurs». Pour la FNSEA, ces résultats marquent « une rupture, avec pour la première fois un recul des prix à la production (-5%), à la transformation (-2%) et à la consommation (-0,7%)». Le syndicat majoritaire s'interroge : « comment investir, innover, embaucher dans ce contexte déflationniste ? » et « qu'attend le gouvernement pour sanctionner avec intransigeance toute pratique abusive de la distribution ? ».
Enfin, pour la Coordination rurale, cet observatoire montre que « des marges existent bel et bien pour que les agriculteurs ne soient plus les parents pauvres de la chaîne agroalimentaire ». Considérant que les produits agricoles ne pèsent que 19% des budgets de l'alimentation, la CR estime qu'il est possible de les augmenter, et que cette hausse « serait quasiment imperceptible pour les consommateurs ».
Les coopératives confortées dans leur stratégie
Les résultats de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires confortent les coopératives dans leur stratégie agroalimentaire, estime Coop de France. Des écarts de baisse des prix sont constatés d'un maillon à l'autre, illustrant un « déséquilibre structurel entre les parties prenantes », selon un communiqué le 21 avril. « Il est temps de sortir de la seule approche par les prix et de proposer une offre alimentaire mieux segmentée et différenciée, réellement créatrice de valeur. Coop de France Agroalimentaire mène une réflexion approfondie avec plusieurs enseignes afin de définir des actions précises visant à renouveler la relation commerciale. »
La grande distribution met en avant la faiblesse de ses marges
Pour la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), la quatrième édition de l'Observatoire des prix et des marges, présentée le 21 avril, « démontre pour la troisième année consécutive la faiblesse des marges nettes des rayons de la distribution ». Les enseignes notent que la moyenne des marges nettes des rayons étudiés est de 1,1%, en baisse continue depuis 3 ans. Cette baisse est, selon elles, due « à l'augmentation des prix des matières premières entre 2011 et 2013 ». Elles constatent néanmoins que cette augmentation « n'a pas été totalement répercutée dans le prix de vente au consommateur », et regrettent que le rapport « n'ait pas pu apporter d'éléments supplémentaires concernant les marges nettes des grandes industries agro-alimentaires ».