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Les réactions : un plan qui sera jugé sur son application

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APCA : « Le plan d’aide souligne la nécessité de refonder les politiques agricoles »
« Nicolas Sarkozy a tracé les lignes. Nous allons devoir porter et concrétiser cette même ambition dans le cadre de la Loi de modernisation de l’agriculture, des débats sur le budget agricole européen et sur l’évolution de la PAC après 2013 » a déclaré Luc Guyau, président de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture), suite à l’annonce des grandes lignes du plan d’aide aux agriculteurs par le président de la République le 27 octobre. Selon l’APCA, ce plan témoigne d’un « effort conséquent de l’État » et un « effort de solidarité de l’ensemble des Français » en faveur des agriculteurs. L’APCA note aussi que le plan « souligne l’ampleur de la crise et la nécessité de refonder les politiques agricoles ».

FNSEA : le plan d’urgence « va dans le bon sens » mais pas toujours assez loin
« Ce plan va dans le bon sens, mais jamais un plan aussi important soit-il ne remplacera une politique de prix pour assurer le revenu des paysans », a indiqué Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, en conférence de presse à Paris, le 27 octobre. Même préoccupation pour William Villeneuve, président des Jeunes agriculteurs, qui s’est par ailleurs félicité que l’agriculture revienne « au centre des problématiques et des enjeux de notre pays ». Pour la FNSEA, le plan ne va pas assez loin sur certains points. « Le milliard d’euros de prêts aurait dû bénéficier de la prise en charge totale des intérêts », signale Jean-Michel Lemétayer. Il a indiqué ne pas savoir si l’enveloppe de 50 millions d’euros dédiée à l’allégement des cotisations MSA sera suffisante. La FNSEA espérait « un effort plus important » sur la taxe sur le foncier non bâti. À propos des 200 millions d’euros réservés aux entreprises en difficulté ou au remboursement de TIPP, « nous prenons acte », a signalé Jean-Michel Lemétayer. « Mais nous ne pouvons considérer comme un effort de l’État les 125 millions d’euros d’exemption de taxe carbone », a-t-il également précisé. C’est de manière favorable que Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a accueilli les propos de Nicolas Sarkozy concernant l’extension de la dotation pour aléas aux aléas économiques, le renforcement de la contractualisation ou de l’observatoire des prix et des marges. Mais là comme ailleurs, le responsable syndical espère bien que le gouvernement fera preuve de « simplicité, de rapidité et d’efficacité ». « Evidemment, nous soutenons tout ce travail entrepris par la France sur une autre Pac qui remettrait la régulation au centre de cette politique agricole », a-t-il ajouté. Mais il a aussi souligné que le président de la République devrait « se battre », puisque tout ceci était attendu lors de la présidence française de l’Union européenne mais n’a pas été obtenu.

La Confédération paysanne très critique…
Réagissant après l’annonce du plan Sarkozy, la Confédération paysanne a estimé qu’il y avait « peu d’éléments très positifs » dans les mesures annoncées. Pour Philippe Colin, porte-parole, le président de la République a apporté des « réponses beaucoup plus conjoncturelles que structurelles ». Les mesures annoncées, comme la « prise en charge de cotisations sociales, prise en charges d’intérêts » sont des « classiques », « habituellement utilisées dans des cas d’événements climatiques », a-t-il souligné. « Nicolas Sarkozy semble découvrir qu’il y a des causes structurelles à cette crise et qu’il convient de modifier la politique européenne. Il nous dit ça un an après la présidence française de l’UE », a-t-il ironisé. La Confédération doute également du bien-fondé du regroupement de l’offre agricole pour faire pièce aux grandes surfaces, comme le suggérait Nicolas Sarkozy.

… la Coordination plus satisfaite
Pour sa part, la Coordination rurale estime que « le président de la République vient de réaffirmer une vision volontariste et décomplexée de l’agriculture ». Elle « se félicite de cet état d’esprit et prend acte du plan d’aide annoncé, sous réserve de découvrir ses modalités précises : il est indispensable que sa mise en œuvre ne laisse aucun agriculteur en difficulté au bord du chemin, notamment lorsqu’il s’agira d’obtenir des banques qu’elles consentent aux plus fragiles les prêts annoncés. » Pour son président François Lucas, c’est la question du cautionnement des prêts qui est posée. « Il faut désormais aller plus loin pour envisager des solutions de long terme », explique-t-elle, s’inquiétant des moyens mis en œuvre pour répondre aux engagements du chef de l’Etat.

Modef : « Un plan insuffisant » pour compenser la chute des prix agricoles
Dans un communiqué du 27 octobre, le Modef juge que les annonces de Nicolas Sarkozy « sont très insuffisantes ». Le syndicat revendiquait des aides directes exceptionnelles de plusieurs milliards d’euros. Pour le Modef, les 650 millions du plan ne suffiront pas à compenser la chute des prix agricoles en 2009 : « Sur la production laitière cela équivaut à 2,5 milliards d’euros, sur les céréales à 3 milliards et sur les fruits et légumes à 1 milliard ». Quant aux prêts bonifiés, le syndicat estime que les agriculteurs ne pourront pas en bénéficier « faute d’une capacité de remboursement suffisante et de perspectives claires sur leur capacité à dégager un revenu l’année prochaine ».

Orama : des mesures « insuffisantes » dans le plan annoncé par le chef de l’État
« Les mesures annoncées ce jour par le président de la République […] ne pourront avoir qu’un effet éphémère », a indiqué Orama, dans un communiqué daté du 27 octobre. Selon le syndicat, « la situation des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux ne pourra qu’empirer en 2010 ». D’après des estimations émanant des centres de gestion, l’organisation estime que le résultat courant avant impôt et cotisations sociales de ces exploitations spécialisées baisserait de plus de 80 % en 2009. Le syndicat insiste sur le fait que, suite au Grenelle de l’environnement, « le prix des exigences de la société » est « quasi totalement » à la charge des céréaliers. Il revient également sur le prélèvement de 70 euros/ha décidé au titre du bilan de santé de la Pac. Pour Orama, il est « impossible » de l’effectuer. Le gouvernement doit donc « assumer » et trouver « d’autres moyens de respecter ses engagements vis-à-vis de certains secteurs de l’élevage ».

La FNB face au plan de soutien aux agriculteurs : « Travailler plus pour rembourser plus »
« Travailler plus pour rembourser plus », tel est le titre du communiqué de la FNB (Fédération nationale bovine) paru suite à l’annonce des principaux points du plan de soutien aux agriculteurs par Nicolas Sarkozy le 27 octobre. « On n’est pas satisfaits », s’exclame Jean-Pierre Fleury, vice-président de la FNB. Selon le syndicat, la « situation spécifique » des éleveurs de viande bovine n’a pas été prise en compte, la revendication principale de « l’année blanche n’ayant pas été retenue ». La FNB admet néanmoins que la seule mesure susceptible d’apporter une réponse est celle concernant « la prise en charge des intérêts ». Le syndicat a également approuvé la position du président en faveur de la régulation des marchés.

Vin : l’AGPV estime le plan Sarkozy « rassurant sur le court terme »
Selon Xavier de Volontat, président de l’AGPV (Association générale de la production viticole), le plan Sarkozy « est rassurant sur le court terme ». Dans un communiqué, le syndicat note que le plan « reprend plusieurs mesures portées par l’AGPV en juillet dernier » (prise en charges des cotisations MSA, de celles des saisonniers et de la taxe sur le foncier non bâti). « Mais il est nécessaire que des mesures structurelles, notamment celles concernant la régulation, soient présentées très rapidement », indique néanmoins le président de l’AGPV. Le syndicat « attend que l’ambition affichée sur la réforme de la Pac se concrétise ».

Fruits et légumes : pour les producteurs, « le problème reste entier »
Après le discours du président de la République le 27 octobre à Poligny, les deux fédérations de producteurs de fruits et légumes de la FNSEA estiment que « le problème reste entier ». En effet, indiquent la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) et les Producteurs de légumes de France, « la crise est structurelle », mais les réponses prises sont « classiques » et, « face à l’urgence, ne traitent pas les problèmes de fond ». « Le compte n’y est pas ! », commentent-elles, rappelant que l’heure travaillée coûte 12 euros en France contre 6 « chez nos concurrents européens ». « Parmi les mesures que nous avions demandées, certaines ne coûtaient rien aux finances publiques », comme l’interdiction des rabais, ristournes et remises (appliquées par les enseignes à leurs fournisseurs), qui représentent une ponction de 3 à 5% du chiffre d’affaires des producteurs, a précisé Jean-Paul Douillard, vice-président de Producteurs de légumes de France.

Plan d’aide aux agriculteurs : la FNP demande du concret
La déception est à l’ordre du jour au sein de la FNP (Fédération nationale porcine) suite aux annonces présidentielles du 26 octobre concernant le Plan de soutien aux agriculteurs. Le syndicat des éleveurs de porcs déplore « l’absence de mesures concrètes applicables immédiatement ». La FNP regrette également le recours à une « année blanche avec prise en charge d’une partie des intérêts d’emprunt, soit une mesure moins adaptée » que celle initialement demandée par les éleveurs. Néanmoins, la Fédération a noté que « le président de la République semble avoir mesuré l’extrême gravité de la crise que subissent les éleveurs de porcs depuis 2 ans ».

Plan d’aide aux agriculteurs : la FNO salue « des annonces qui vont dans le bon sens »
« Une bouffée d’oxygène », telle est l’expression employée par la FNO (Fédération nationale ovine) pour qualifier le contenu du Plan de soutien aux agriculteurs annoncé par Nicolas Sarkozy le 26 octobre dans le Jura. Le syndicat des producteurs d’ovins considère les annonces du président de la République comme une « réponse au désarroi des éleveurs » et « salue les efforts faits par l’Etat ». Néanmoins, la FNO souligne la nécessité d’une « mise en œuvre rapide » des mesures annoncées et ajoute qu’elle sera « attentive à leur application ».

FGA-CFDT : la quête de faible valeur ajoutée
La FGA-CFDT, de son côté, « s’oppose à l’exonération totale de cotisations sociales des saisonniers annoncée par le président de la République ». Pour elle, « la pression sur le coût du travail » par des exonérations de cotisations sociales « marque le choix de privilégier des activités à faible valeur ajoutée et faible productivité plutôt que de développer des filières innovantes et à forte valeur ajoutée ».

Agriculture biologique : la Fnab s’étonne de l’absence du bio dans le discours présidentiel
« Le président de la République a employé pas moins de 5 000 mots pour vanter un modèle d’agriculture aux fondamentaux fragilisés, qui empoisonne l’air, l’eau et les sols et dont les crises structurelles rapportent l’impasse économique dans laquelle il se trouve. Sur ces 5 000 mots, pas un seul pour évoquer (…) l’agriculture biologique ; cette agriculture “qui ne connaît pas la crise”, observe la Fnab dans un communiqué du 28 octobre. « Rien de concret sur la nécessaire réforme de la PAC pour aller vers une politique alimentaire européenne ; rien d’autre que la reproduction de nos modèles dépassés (…) comme solution pour nourrir le monde, quand de nouvelles études confirment la forte adéquation entre développement de la bio et sécurité alimentaire », poursuit la Fnab.

Les semenciers veulent un accès amplifié aux innovations
Dans un communiqué commun, suite aux déclarations du président de la république, le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences), Oléosem (plantes oléagineuses), Seproma (maïs) et l’UIPP (phytos) soulignent la nécessité que « l’entrepreneur agricole puisse avoir le choix et l’accès à toutes les innovations disponibles dans son domaine d’activité ». Ceci, afin de rester « compétitif » et d’être « à même de satisfaire les besoins alimentaires ». Les organisations soulignent que « les biotechnologies végétales, et notamment les OGM, s’inscrivent dans cette démarche d’agriculture durable ».

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