Contrairement à 2004 et 2005, où la France avait vu son excédent commercial agricole et alimentaire se restreindre, 2006 est qualifiée d’année «faste» par le département agroalimentaire d’Ubifrance dans son analyse détaillée des 12 mois écoulés. Avec 8,7 milliards d’euros, cet excédent dépasse non seulement les résultats contrastés des deux années précédentes (7,8 Mds en 2004, 7,6 Mds en 2005), mais se rapproche aussi des niveaux records des années 1999 et 2000 (9,3 Mds d’euros). Pour autant, les nouveaux scores réalisés par les vins et spiritueux ne doivent pas faire oublier la dégradation de nombreux autres secteurs.
Pour s’en tenir aux produits des IAA, dont les exportations ont augmenté de 7,7 % en 2006 pour dépasser les 31 milliards d’euros, ils ont représenté près des trois quarts des exportations agroalimentaires totales et ont contribué à hauteur de 85 % à l’amélioration de l’excédent.
Si 72 % des exportations agricoles et alimentaires ont été destinées à nos partenaires européens, les exportations vers les Pays Tiers ont été les plus dynamiques : en effet, après deux années de baisse (-2 % en 2003 et -3,8 % en 2004), une hausse de 5,1 % déjà observée en 2005 a été suivie d’un vrai rebond de 10,2 % en 2006.
Produits animaux : des résultats contrastés
Sur le plan sectoriel, la place très largement dominante occupée par les vins et spiritueux ne s’est pas démentie. A eux seuls, comme déjà indiqué plus en détail, ils ont dégagé un solde positif de 7,7 milliards d’euros en hausse de 14,5 % et résultant d’une poussée de 11,4 % des exportations (à 8,8 Mds).
Le solde des animaux et viandes (bovine) a été positif de 1 milliard d’euros malgré un déficit aggravé sur les viandes (261 M EUR contre 231 M en 2005), les importations (1,1 Md d’euros) progressant plus vite que les exportations (897 M). Pour la filière porcine, le solde reste largement positif de 210 M EUR, mais moins que l’année précédente (246 M) du fait d’une progression des importations (+14 %) supérieure à celle des exportations (+6,3 %). Positive également est la balance extérieure en viandes de volaille avec 712,2 M EUR d’export (en baisse toutefois de 18%) face à 343,3 M d’importations (-7 %). A cause de plusieurs mois d’embargo sur certaines destinations, les exportations sur pays tiers (52 % du total) ont chuté de 20 % en volume et de 26 % en valeur ; sur l’Europe, le recul a été de 19 % en volume et de 15 % en valeur. S’agissant des préparations à base de volaille la hausse se poursuit, au rythme de 2 % en volume (40 000 tonnes) et de 4 % en valeur (136,5 M EUR). Dans le même temps, le flux d’importations, dominées par la provenance Brésil, a augmenté de 7 % à 28 500 t (95 M EUR, +3,4 %).
En viandes transformées, les exportations françaises (570 M EUR) ont progressé pour la deuxième année consécutive mais sans
retrouver leur niveau de 2000 (655 M). Parmi les contrastes observés, Ubifrance note la hausse des préparations, la progression, en valeur du moins, des ventes de saucisses et saucissons (mais en baisse en volume), la diminution en valeur des viandes salées, séchées, dont pourtant les volumes progressent. Le secteur reste déficitaire du fait d’une progression continue des importations depuis 2000 (désormais à 646 M EUR).
Produits laitiers : des déconvenues
Malgré un contexte international favorable (sécheresse en Australie, cours élevés de la poudre et même du beurre), le commerce extérieur français se dégrade. Les exportations progressent faiblement (+1,2 %) et les importations gagnent 5,3 %, limitant le solde global à 2,39 milliards d’euros (après 2,44 Mds en 2005, mais 2,18 Mds en 2004). Les importations s’élèvent à 2,15 Mds en provenance à 94 % de l’UE. Allemagne, Belgique et Pays-Bas fournissent 54 % du total et nos achats aux 10 nouveaux Etats membres ne se développent pas (51 M EUR). Les exportations, à hauteur de 4,55 Mds d’euros, vont aux trois quarts vers l’UE où elles progressent de 2,9 % alors que la tendance est négative (-4,5 %) sur les pays tiers. Parmi les déconvenues figurent le Proche et Moyen-Orient (-17 %) et l’Afrique du Nord (-10 %).
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Sucre et épicerie : vers l’équilibre
Après deux années de baisse en 2003 et 2004, du fait des ventes aux pays tiers, l’exportation de sucre était repartie en 2005 se soldant par un solde positif de 865 M EUR, tendance qui s’est prolongée l’an dernier pour dépasser le milliard d’euros. Mais c’est que les effets de la réforme de l’OCM sucre ne se sont pas encore fait sentir et que les cours mondiaux ont été élevés pendant la majeure partie de l’année.
Les échanges sont pratiquement en train de s’équilibrer en produits d’épicerie sèche. En effet, le solde négatif global a fortement régressé à 88 M EUR, contre près de 200 M il y a deux ans et 140 M en 2005. Les échanges sont toujours nettement déficitaires avec les pays de l’UE (de près de 500 M EUR), et en particulier avec l’Allemagne, la Belgique et l’Italie. Avec les pays tiers, en revanche, le solde est positif de près de 400 M EUR.
Le chocolat (959 M EUR) et les produits transformés de céréales comme les pâtes, les céréales soufflées, etc (734 M) dominent les importations et sont en progression respectivement de 4,7 et 5,5 %. La BVP progresse également de 3,4% à 457 M tandis que la biscuiterie stagne à 671 M EUR.
A l’exportation, chocolat et BVP sont également bien orientés de 10,9 % et de 6,5 % pour des valeurs respectives de 785 M et 666 M. Les biscuits (-1 %) restent à leur niveau de 355 M. La confiserie, en baisse à l’importation (-8,9 % à 204 M EUR), l’est également à l’export (-12 % à 129 M). L’ensemble sauces, soupes et condiments réduit notablement son déficit avec des importations quasi stables à 341 M EUR et des exportations en plein développement (+12 %) à 238 M.
Fruits et légumes transformés : grave dégradation
Le taux de couverture reste en baisse sur le long terme en fruits et légumes transformés dont le déficit structurel ne cesse de s’aggraver, passant de 513 M EUR en 2005 à 875 millions l’an dernier. En fruits transformés, le taux de couverture est de 50 % depuis quatre ans et maintenant celui des légumes transformés n’est plus que de 67 %, soit un recul de 14 points par rapport à 2001.
La plupart des grands postes (sauf les confitures) sont déficitaires, depuis les légumes congelés (-212 M EUR), les fruits congelés (-162 M) jusqu’aux légumes au vinaigre, aux tomates, etc : le solde des légumes est devenu négatif de 478 M EUR en 2006 à cause de la forte hausse des importations de conserves (autres que tomates et champignons) : ce poste rapportait encore 32 M EUR en 2005 et est passé dans le rouge l’an dernier à -5 M EUR, il est vrai pour des raisons climatiques qu’on peut juger exceptionnelles.
En surgelés, enfin, le déficit (1,3 milliard d’euros contre 800 M il y a quatre ans) tend à se creuser autour des grands postes que sont les produits de la pêche et de l’aquaculture, les légumes surgelés et les produits de pommes de terre. Seules les volailles, et dans une moindre mesure, les « autres viandes » et les glaces présentent un solde positif.