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Les régions du Nord portées par la reprise en céréales

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Une France agricole partagée entre ses régions du Nord et celles du Sud. C’est le tableau que dessinent les comptes régionaux de l’agriculture pour l’année 2017. D’un côté, des régions majoritairement situées au nord de la France et profitant d’un rattrapage en céréales et en élevage. De l'autre, des régions méridionales souffrant de la faible production viticole.

Au niveau national, les résultats par actif de la branche agricole* ont augmenté de 8,6 % en termes réels l’année dernière, selon les données publiées le 5 juillet par l'Insee. Une donnée qui masque de profondes disparités entre les régions. Le résultat par actif augmente ainsi de près de 48,2 % en Île-de-France, de 28,4 % en Centre-Val-de-Loire ou de 32,3 % en Bourgogne-France-Comté. D’une manière générale, son accroissement est compris entre 13 et 21 % dans les autres régions situées au nord de la Loire. La tendance est inverse dans les régions méridionales où les résultats par actif chute de 13,6 % en Nouvelle Aquitaine ou respectivement de 7,3 % et 3,9 % en Corse et en Occitanie.

« On a un effet rattrapage en 2017, avec une grosse hausse des revenus notamment dans les régions céréalières, analyse Didier Caraes, économiste à l’APCA. Mais cela vient après une baisse également conséquente l’année précédente », ce qui doit amener à tempérer des chiffres parfois impressionnants. Le résultat par actif avait ainsi décru de 29,4 % en Île-de-France en 2016 ou de 22,7 % en Bourgogne-Franche-Comté.

Des évolutions sectorielles avant d’être géographiques

Un nombre important de bassins de production de céréales étant au nord, la lecture régionale ne doit pas faire oublier que ces résultats sont d’abord « des faits sectoriels avant d’être géographiques », estime Didier Caraes. Les régions de grandes cultures situées dans la grande moitié nord de la France (Île-de-France, Bourgogne Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire, Hauts-de-France, Grand-Est) voient donc leurs productions agricoles tirées par l’augmentation des céréales « tant en volume qu’en valeur malgré un contexte de concurrence mondiale qui tire les prix à la baisse ». La valeur de la production de céréales augmente ainsi de près de 24 % en Île-de-France ou de 17,5 % en Bourgogne-Franche-Comté ou 11 % en Centre-Val-de-Loire.

D'une autre manière, les régions à dominante élevage et lait voient « toutes un accroissement notable de leur production en valeur, due principalement à des prix en nette augmentation ». La Bretagne, où les produits animaux pèsent pour plus de 68 % de la production agricole, voit ainsi son résultat par actif augmenter de 21 % en 2017. Idem pour les Pays-de-la-Loire (+14,3%), malgré un recul des volumes de productions animales compensé par des prix en hausse de 7,8 %.

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Une situation « globalement défavorable » dans les régions viticoles

Au contraire, la situation « est globalement défavorable » dans les régions viticoles où les gels de printemps et les sécheresses de l’été ont provoqué un fort recul des volumes de production de vin (à l’exception de la Bourgogne-Franche-Comté et des Pays-de-la-Loire) non compensé par la hausse des prix. La région Nouvelle-Aquitaine voit sa production en volume de vins d’appellation chuter de près de 41 %, quand l’Occitanie voit sa production en valeur chuter de 17 %. Des chiffres qui viennent alors que ces régions avaient déjà connu des baisses de leurs revenus en 2016.

À ces résultats vient s’ajouter une baisse de la valeur des consommations intermédiaires (les biens et services rentrant dans le processus de production) plus favorables aux régions au nord de la Loire. Alors que ceux-ci ont globalement diminué de 1,8 % en 2017, les baisses les plus importantes concernent principalement « des régions plutôt spécialisées en grandes cultures, comme l’Île-de-France (-3,4 %), le Centre-Val-de-Loire (-3,2 %) et les Hauts-de-France (-3,1 %) » mais aussi certaines régions diversifiées comme Auvergne-Rhône-Alpes.

Seule exception à cette tendance : la répartition des subventions. « Le mouvement de convergence interne des aides se poursuit, les régions à dominante céréalière de la moitié nord de la France, qui avaient historiquement des aides à l’hectare plus élevées, voient reculer leurs subventions. À l’inverse, les montants de paiements de base par hectare augmentent dans les régions méridionales », notent les auteurs. Des baisses sensibles ont ainsi été enregistrées en Haut-de-France (-5,5 %), en Bretagne (-5,4 %) ou en Île-de-France (-4,3 %) alors que ces dernières augmentent fortement en Paca (+7,1 %).

* Valeur ajoutée brute au coût des facteurs, VABCF