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Réforme de l’OCM fruits et légumes Les régions productrices montent au créneau à Bruxelles

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Réunies le 21 novembre à Bruxelles pour une opération de promotion dans les salons des représentations d’Aquitaine et d’Emilie-Romagne, les 24 régions productrices de fruits et légumes de l’UE ont souligné l’importance de représenter, défendre et promouvoir leurs intérêts communs fragilisés par les effets de la globalisation et la stagnation de la consommation. Elles entendent se mobiliser pour le maintien d’une organisation commune de marché spécifique susceptible de maintenir le revenu des producteurs et de gérer préventivement les crises conjoncturelles.

« Les données relatives aux importations démontrent que le marché européen des fruits et légumes est maintenant complètement ouvert », a déclaré l’Italien Luciano Trentini, président de l’Assemblée des régions européennes fruitières, légumières et horticoles (AREFLH). Les importations, a-t-il poursuivi, exercent une forte pression sur les marchés, ce qui provoque des crises de marché. Une telle situation, si elle n’est pas contrôlée, risque encore d’être d’aggravée par l’entrée en vigueur en 2010 des accords de libre-échange entre l’UE et ses partenaires euroméditerranéens, a déploré M. Trentini. La représentante de la Commission européenne, Lynda Mauperon, a précisé que les conclusions des négociations en cours, notamment dans le secteur agricole, avec l’ensemble des dix pays concernés (Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie) sont attendues l’année prochaine. Mme Mauperon a également souligné que les problèmes rencontrés par l’UE à l’importation étaient surtout dus aux produits originaires de Chine et du Brésil. Leurs produits, a-t-elle précisé, arrivent dans l’UE au niveau des prix d’entrée, « ce qui cause des difficultés».

Rôle social de la filière

Dans son discours, le président de l’AREFLH a également mis l’accent sur « le rôle social fondamental » de la filière qui a recours à un nombre très important de travailleurs européens et extracommunautaires. Une réponse aux critiques de la Commission qui avait souligné en juillet dernier que l’impact de la production de fruits et légumes sur l’environnement est négatif dans de nombreuses situations et que les conditions d’emploi faites aux salariés des exploitations sont « encore trop fréquemment répréhensibles ». L’AREFLH, qui estime ces allégations gratuites et graves de conséquences, demande à Bruxelles de justifier ces affirmations par des statistiques officielles.

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organisation commune de marché
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La difficulté, d’une part, de créer des rapports commerciaux sur le long terme avec les chaînes de la grande distribution et d’instaurer des mécanismes efficaces pour la prévention et la gestion des crises, d’autre part, sont deux obstacles que l’AREFLH juge indispensable de surmonter pour maintenir le revenu des producteurs.

Les régions productrices réclament également que l’aide communautaire pour les fonds opérationnels soit portée à 6 % (au lieu de 4,1 % actuellement) de la valeur de la production commercialisée par les organisations de producteurs.