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Bilan de campagne Les rendements maïs 2012 en France dans le top 3 de la décennie

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Alors que les récoltes de maïs se terminent en France, de façon assez tardive, un bilan de campagne a été réalisé le 8 novembre par l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Les maïsiculteurs font ainsi état d’une « bonne » récolte en quantité et en qualité. Ils montrent aussi que la France tire son épingle du jeu sur cette production qui a subi de nombreux aléas climatiques en Europe et dans le monde sur la dernière saison de culture. Enfin, les maïsiculteurs ont fait le point sur les freins à la compétitivité des maïs français vis-à-vis de la concurrence internationale.

«Avec un rendement moyen français en maïs grains de 97 quintaux par hectare (q/ha), sur 1,62 million d’hectares (Mha), nous réalisons la troisième performance de la décennie au niveau des rendements en maïs » a indiqué Gilles Espagnol, responsable de la section maïs chez Arvalis. Le dernier record de rendement ayant été observé en 2011, à 105 q/ha. Selon le spécialiste, les bons rendements se sont construits grâce à une implantation dense et précoce des maïs et au progrès génétique, améliorant notamment la tolérance au stress des plantes.

De fortes disparités selon les régions

Entre les régions, et en leur sein, de fortes disparités de rendements sont observées. D’abord, la climatologie a engendré une large plage de semis en raison de l’humidité, et une implantation lente en raison de déficit de températures. « Ceci a parfois entrainé des défauts de densité à l’implantation » selon Gilles Espagnol, qui soulignait que les régions du nord et du nord-ouest français étaient les plus touchées. Ces mêmes régions où des retards de récoltes sont observés. Ainsi, il reste aujourd’hui 30 à 40 % des surfaces de maïs à récolter en France, environ 30 % en maïs grain selon FranceAgriMer. L’humidité excessive a aussi entrainé des retards de récolte dans le nord de la France. Par ailleurs, on observe des variations extrêmes sur les rendements. Une forte variabilité de l’humidité des grains à la récolte est aussi rapportée. Au niveau du maïs fourrage, les récoltes sont en cours, mais Gilles Espagnol a souligné qu’en Bretagne moins de 25 % des surfaces étaient récoltées.

Le maïs semence se porte bien

« En 2012, sur 160 000 ha de maïs semence cultivés en Europe, 43 % des surfaces étaient en France » a indiqué Luc Esprit, directeur de l’AGPM. Selon lui, la filière semence se porte bien grâce aux bons prix du maïs sur le marché. Il a aussi souligné que les destructions estivales liées à la sécheresse atteindraient entre 20 et 50 % des cultures de maïs semence en Europe centrale, alors qu’en France, un climat tempéré et des productions de semence entièrement irriguées avaient permis d’atteindre 100 % des plans de production. Au niveau européen, les stocks de semences en 2013 promettent d’être faibles, dans un contexte de marché favorable au maïs et d’une demande de génétique de qualité. Ainsi, la France devrait connaître un programme de multiplication de semences de maïs en 2013 proche de celui de 2012, autour des 70 000 ha, a indiqué Luc Esprit. Si la situation semble favorable, Christophe Terrain, président de l’AGPM, a cependant tenu a souligner les points qui tiendraient son syndicat en alerte au niveau de la compétitivité du maïs français en Europe et dans le monde.

Une perte tendancielle de compétitivité du maïs français

« Il y a dix ans les rendements français en maïs étaient souvent de 10 q/ha au dessus de ceux des Etats-Unis, on est plutôt à moins 10 q/ha aujourd’hui » a déploré Jean-Paul Renoux de l’AGPM. Selon lui, le manque de compétitivité du maïs français en terme de rendements est notamment lié à l’accès à l’eau, qui aurait « gommé le progrès génétique sur les dix dernières années ». « Si la France était à égalité de compétitivité en Europe au niveau de l’irrigation et de la protection des cultures, le rendement moyen de son maïs serait de 110 à 115 q/ha, contre 95 à 97 q/ha actuellement » a estimé Jean-Paul Renoux. D’après lui l’accès aux produits de protection des cultures est un autre facteur de la compétitivité des maïs français. « Les traitements de semences d’assurance sur maïs, comme le Cruiser 350, doivent rester car on ne peut pas prévoir les attaques de ravageurs du sol » a souligné Jean-Paul Renoux. Les maïsiculteurs sont dépendants à ce produit, et peu d’alternatives sont prêtes à être mises en marché aujourd’hui.

Des lenteurs administratives préjudiciables

Les longueurs observées pour la mise en marché de nouveaux produits « performants et innovants » sont ainsi dénoncées par Christophe Terrain. Il indique que cette situation est dangereuse pour la compétitivité de la filière et pourrait même créer des monopoles pour certains produits. Selon lui, la profession a besoin d’une large palette de solutions pour rester compétitive, et éviter les distorsions de concurrence envers d’autres pays. Pour Christophe Terrain, l’accès aux semences génétiquement modifiées fait partie de cette palette, surtout lorsque la France importe en grande quantité des produits issus de ces semences. Enfin, l’AGPM attend toujours la nomination officielle de Philippe Martin, député du Gers, en tant que chargé de la mission sur la question générale de l’irrigation. Une annonce pourtant déjà faite à l’Assemblée nationale le 23 octobre dernier. Cette mission a été demandée par le gouvernement suite à l’abandon par le ministère de l’Ecologie des projets de décrets qui devaient faciliter la création de retenues d’eau. Une latence qui fait peser le risque, pour des projets ayant déjà des dossiers de financement, de pertes de ces crédits au 31 décembre 2012.

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