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Exportations Les restitutions dans le secteur de la viande remises en cause

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Presque à son arrivée à Bruxelles après la réunion OMC de Hong Kong, et avant la trêve des confiseurs, Mariann Fischer-Boel, la commissaire à l’Agriculture a obtenu la suppression des restitutions à l’exportation pour les bovins vivants. Une mesure qui devrait avoir des effets à la baisse sur les cours et donc un impact positif pour les transformateurs de viande.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, a pris de vitesse les Etats membres en annonçant, dès son retour de Hong Kong, son intention de mettre fin aux restitutions à l’exportation pour les bovins vivants. Cette mesure mérite d’être analysée précisément mais une chose est sûre : elle va avoir des conséquences non négligeables pour les transformateurs de viande. Car si les cours s’élèvent aujourd’hui à 300 euros/kg, ils étaient à 265 euros/kg en 2003, note la Commission. Depuis la crise de la vache folle, la consommation s’est rétablie et a même dépassé les niveaux affichés avant la crise. La tension sur le marché est renforcée par la mise en œuvre de la réforme de la Pac qui tire vers le bas la production de viande communautaire. Cette mesure devrait donc avoir un effet favorable pour les industriels.

D’ailleurs, « les perspectives des marchés du bœuf dans l’Union sont positives et ce type de soutien à l’exportation ne se justifie plus », explique la commissaire. En d’autres termes, les perspectives de cours étant bonnes, il ne faut plus dégager d’excédents sur les marchés mondiaux. Une dizaine d’Etats membres étaient opposés à cette décision dont la France et l’Irlande.

Anticipation de l’accord OMC

Mais ils ne sont pas parvenus à bloquer le projet, lors de la réunion du comité de gestion de l’UE, le 23 décembre dernier, aucune majorité n’ayant été dégagée. Mariann Fischer Boel, qui a donc pu décider en dernier ressort, avait réussi à rallier l’Allemagne et les Pays-Bas en limitant la décision aux animaux destinés à l’abattage et non pas aux reproducteurs.

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Outre son impact sur le marché, la suppression de ces restitutions est destinée à améliorer le bien-être animal, explique-t-on à la Commission européenne où l’on souligne le traitement des animaux destinés à l’abattage. « La Commission fait clairement savoir que sa politique en matière de bien-être des animaux ne se limite pas à des mots», se targue Mariann Fischer-Boel, demandant à d’autres exportateurs comme le Brésil de parvenir aux mêmes normes en la matière.

Faite quelques jours après Hong Kong, cette annonce constitue aussi une anticipation de l’accord conditionnel intervenu à la ministérielle de l’OMC sur la fin des restitutions à l’exportation d’ici à 2013.