Au premier semestre de 2018/2019, le groupe de volaille LDC a enregistré une hausse de 4,9 % de son chiffre d’affaires à 1,94 Mrd€, et un tassement de sa marge opérationnelle courante à 4,7 % (contre 5 % au premier semestre 2017/2018). Même si le groupe a récemment obtenu des revalorisations tarifaires dans la distribution, la hausse des céréales continue de peser sur ses coûts de revient.
Dans un environnement difficile, LDC a publié des résultats semestriels contrastés et a d’ores et déjà prévenu que son résultat opérationnel courant de l’exercice 2018/2019 serait en retrait sur celui de l’exercice précédent. Un semestre de "consolidation", a souligné Denis Lambert, le président de LDC lors d’une conférence de presse le 21 novembre, marqué par "une poursuite de la diversification sur le pôle volaille France, une pression pénalisante sur le vif en Pologne et la confirmation des bonnes performances du pôle traiteur".
Ainsi, sur les six premiers mois de l’exercice en cours (clos le 28 février), le chiffre d’affaires du groupe de volaille s’élève à 1,94 Mrd€, en hausse de 4,9 % par rapport au premier semestre du précédent exercice. Ceci tient compte de l’intégration progressive des dernières acquisitions, à savoir la société Favreau (au 1er mars 2018), les activités de produits élaborés reprises à Doux Quimper (22 mai 2018) et les sociétés Couthouis et Péridy (1er juillet 2018). Les tonnages commercialisés sont en croissance de 4,5 % (+1,8 % à périmètre identique). Le résultat opérationnel courant est en recul de 2,3 % à 91,1 M€, et rapporté au chiffre d’affaires, la marge ressort ainsi à 4,7 % contre 5 % au premier semestre 2017/2018. Le bénéfice net s’inscrit quant à lui à 68,3 M€, en repli de seulement 0,3 %.
Coté bilan, LDC affiche toujours une très bonne structure financière, avec une trésorerie nette positive de 99,6 M€, qui lui permet de poursuivre ses investissements pour accompagner sa croissance. Un plan d’investissement industriel de 200 M€ est d’ailleurs programmé sur l’exercice en cours (contre 181 M€ en2017/2018) et 190 M€ sont prévus sur 2019/2020. Sur les six premiers mois de l’exercice 2018/2019, le groupe a déjà consacré 92 M€ d’investissements dans ses différents pôles d’activités, dont 70 % dans la volaille et 16,2 % dans le traiteur. Un montant couvert par la capacité d’autofinancement qui s’établissait à 132,1 M€ sur les six premiers mois (+2,2 % par rapport au premier semestre 2017/2018).
Une acquisition en cours
Sur les mois à venir, LDC s’est fixé quatre axes d’actions prioritaires : poursuivre les revalorisations tarifaires (lire encadré), continuer d’investir pour gagner en compétitivité, poursuivre ses efforts à l’international et innover sur ses différentes gammes et marques. Ainsi, pour répondre à la demande en volaille, le groupe a annoncé être en cours de négociation exclusive pour acquérir la société Rémi Ramon en Mayenne. La réalisation de cette opération, qui permettrait à LDC de conforter ses positions dans la reconquête des importations auprès de la RHD essentiellement, est soumise au feu vert de l’Autorité de la concurrence. Cette société dotée de deux sites, l’un à Javron (242 salariés) l’autre à Lassay (103 personnes) affiche pour 2017 un chiffre d’affaires de 68 M€ et résultat d’exploitation de 3 M€. Ses produits, essentiellement des poulets, mais aussi des pintades et des poules, sont vendus à la GMS (37 %) à l’export (20 %) et aux grossistes (18 %). Le site de Javron, quasi neuf, "permettra de délester nos sites qui sont saturés", a précisé Denis Lambert. À l’international, LDC veut poursuivre sa stratégie de valorisation du mix-produit en Pologne et d’intégration de Tranzit en Hongrie. "Le retard pris au premier semestre avec la hausse du vif en Pologne, devrait être récupéré sur le second semestre", selon les dirigeants et Tranzit devrait contribuer pour 6 M€ au résultat opérationnel courant sur 4 mois.
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Denis Lambert a donc annoncé escompter sur l’ensemble de l’exercice 2018/-2019, "un léger retrait du résultat opérationnel courant". Un objectif qui reste conditionné par la réussite des fêtes, un rendez-vous toujours important pour LDC.
L’impact des céréales sur les coûts de revient
Particulièrement transparent sur ses coûts de revient face à la hausse du prix de l’ensemble des céréales, LDC a ainsi expliqué, chiffres à l’appui, quel était l’impact de la hausse des prix de l’ensemble des céréales sur ses coûts de revient. Ainsi, compte tenu de la hausse du maïs (+16 %), du blé (+29 %) et du soja (+12 %) à fin octobre (cumulée sur 12 mois) sur le prix de l’aliment, le prix de revient du poulet vif augmente de 10 %. Une hausse du vif qui génère une hausse de la matière dans les prix de revient de LDC de 5,5 % Et une fois toutes les autres augmentations (main-d’œuvre, énergie, logistique, emballages) mises bout à bout, on arrive à "une hausse totale du coût de revient de 7,3 %", explique LDC. Une hausse qu’il conviendrait logiquement de répercuter sur les prix pour que le groupe s’y retrouve. CQFD.
Reste que les distributeurs, même "s’ils ont globalement une position responsable", convient Denis Lambert, ne tiennent pas intégralement compte de cette hausse du coût matières premières. "En octobre, nous avons obtenu entre 4 et 5 % de hausse des tarifs en moyenne tous réseaux confondus (effectives au cours du second semestre, ndlr), ce qui ne fait pas 7 %", a ainsi souligné Denis Lambert, qui prévoit de demander une hausse additionnelle aux distributeurs dans le cadre des référencements à venir. À noter qu’une revalorisation de 3 à 4 %n nécessaire selon le groupen aurait un impact sur une barquette de poulet limitée à 13 centimes pour le consommateur. "Il semble bien que les États généraux soient passés par là, mais aussi que les distributeurs sont plus sensibles aux préoccupations des producteurs", a confié Denis Lambert.