Abonné

Forêt Les sages incendient le modèle économique de l'ONF

- - 3 min

Selon un rapport de la Cour des comptes publié le 23 septembre, la situation économique de l'ONF (1) est préoccupante. Son directeur général rappelle qu'un des objectifs pour l'ONF est de rémunérer les aménités environnementales de la forêt.

«Il y a 50 ans, les ventes de bois permettaient de financer l'ONF. Aujourd'hui, ce n'est plus vraiment le cas », explique Pascal Viné. De fait, il rappelle que la part des ventes de bois dans le chiffre d'affaires est passé de 75% à 33% en 50 ans. Cette différence est de taille.

Et les sages de la Cour des comptes ne sont pas passés à côté. Dans un rapport publié le 23 septembre, ils jugent « préoccupante » la situation financière de l'ONF. Ainsi, ils soutiennent que « la trésorerie fortement négative de l'ONF l'amène à solliciter des autorisations d'emprunt à court terme à hauteur de 400 millions d'euros ». Pascal Viné rappelle que la dette de l'ONF à fin 2014 devrait être de 300 millions d'euros. « Nos investissements sont financés par des emprunts », déplore-t-il.

En outre, l'ONF dénonce qu'un effort budgétaire supplémentaire est demandé à l'ONF pour 2015 : il s'agit de « la réduction de 20 millions d'euros de la subvention exceptionnelle accordée par l'Etat ».

Revoir le modèle économique

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Cour des comptes
Suivi
Suivre

Dans ce contexte, la révision du contrat d'objectif qui lie l'ONF à l'Etat a été avancée. Ainsi, les travaux devraient commencer en 2015. « Le contrat d'objectif devra être prêt d'ici septembre 2015 », soutient Pascal Viné. Pour faire face aux critiques de la Cour des comptes, l'ONF entend revoir son modèle économique qui ne doit pas reposer principalement sur les ventes de bois. Une des stratégies à mettre en œuvre est de mieux valoriser les produits actuellement vendus et d'optimiser les dépenses. Une des limites du modèle actuel est qu'il est étroitement lié au marché du bois. « Quand le prix du bois diminue, la situation peut devenir compliquée », explique-t-il. L'objectif est donc de diversifier les activités. « Nous cherchons aussi de nouvelles recettes à travers les aménités positives de la forêt », explique Pascal Viné. Si la Cour des comptes rappelle que les effectifs de l'ONF sont en chute libre depuis 2009, le gouvernement s'est engagé à geler les suppressions de poste pour l'année 2017 considérant que les effectifs de l'ONF avaient déjà été assez réduits. « En 15 ans, on a perdu environ 20% de nos effectifs. C'est énorme », regrette le directeur général de l'ONF, rappelant que 9 000 personnes ont la charge de près de 10 millions d'hectares de forêt. Dans le dernier contrat d'objectif, la baisse d'effectifs avait été fixée à 1,5% tous les ans. Pour le nouveau contrat d'objectif qui devra porter sur la période 2016-2020, la gestion des effectifs n'est pas encore fixée, hormis le gel des suppressions pour 2017.

La privatisation est hors de question

Etablissement public industriel et commercial, l'ONF est chargé de la gestion des forêts domaniales et des collectivités, de la mise en œuvre des missions d'intérêt général et de la réalisation de prestations de services. Depuis 2009, les effectifs sont passés de 9 754 équivalents temps plein à 9 279 fin 2012 puis 9 000 en 2013-2014. Nombre d'établissements historiquement publics (autoroutes, abattoirs) ont fini par être privatisés totalement ou en partie en raison des difficultés financières et/ou économiques. « Non, non », affirme Pascal Viné, s'agissant de la question de privatiser tout ou partie de l'ONF. La question est hors sujet.

(1) Office national des forêts