Entre 2007 et 2008, la coopérative des Salines de Guérande a investi 2 millions d’euros, dont 1,2 M pour augmenter ses capacités de séchage, de tamisage et de broyage, utiles pour la production de son nouveau sel « spécial moulin », lancé en avril sous sa marque Le Guérandais. Avec un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros en 2007, en progression de 9 %, la coopérative souhaite atteindre une part de 10% à l’export d’ici deux ans, contre 8 % actuellement. Ayant retrouvé son « alimentarité » en avril 2007 après dix ans de procédure, le sel de Guérande poursuit sa demande d’IGP.
Si le marché français du sel recule, le segment des sels d’origine et particulièrement les sels de Guérande arrivent à tirer leur épingle du jeu. Ce n’est pas un hasard si les industriels du secteur s’y intéressent. Alors que l’ensemble du marché du sel a perdu 3,2 % en volume à fin décembre 2007, selon Ronan Loison, directeur général de la coopérative des Salines de Guérande, (-27 % en dix ans), le segment des sels d’origine reste quasiment stable à -0,6 %, et celui du sel de Guérande progresse de 6,5 %. « Nous contribuons fortement à la croissance du marché du sel », souligne Ronan Loison. Avec un chiffre d’affaires en progression de 9 % à 14 millions d’euros en 2007, les Salines de Guérande ont enregistré une « année correcte » aux dires du directeur général. « La récolte a été faible en 2007, surtout sur la fleur de sel (4 % de sa production totale ndlr). Nous avons récolté 2 500 tonnes contre 9 500 en moyenne et 22 000 tonnes en 2006. Il est très important d’avoir une stratégie de stockage. Nous avons trois ans de stockage d’avance pour améliorer la sécurité de l’approvisionnement », explique Ronan Loison. La coopérative commercialise annuellement environ 7 500 tonnes de sel, dont deux tiers en GMS, 10 % aux IAA, 10 % en RHD, 5 % dans les magasins spécialisés biologiques ou épicerie fine et 8 % à l’export. Le directeur général n’a pas de vision sur la récolte à venir 2008, mais « elle est d’ores et déjà en retard de 15 jours du fait des pluies importantes. La récolte devrait débuter début juillet », précise-t-il.
« Assurer son rôle de leader »
Leader du segment des sels d’origine avec une part de marché de 57,2 % en valeur (+1,4 point par rapport à 2006), Le Guérandais poursuit sa stratégie d’innovation. « Nous devons animer le rayon et assurer notre rôle de leader », indique Ronan Loison. En avril, la marque a lancé un sel « spécial moulin », gros sel de Guérande vendu en sachet. Il s’agit de la troisième innovation de la marque depuis le début de l’année 2008 après le lancement de sel en dosettes pour la RHF et d’un sachet gros sel à languette repositionnable. Pour améliorer la notoriété du Guérandais, la marque mise sur le cobranding. Après un partenariat avec Savéol sur ses références de tomate, Le Guérandais s’associe à Labeyrie pour la période de Pâques 2008. La marque apposera ainsi un petit sachet de gros sel de Guérande sur une des références de foie gras de Labeyrie. « Un ou deux cobranding dans l’année suffisent à améliorer notre notoriété. Nous insistons sur la marque. C’est également un moyen d’atteindre la RHF via la GMS », explique le directeur général.
Objectif : 10 % à l’export
Après avoir installé des lignes pilotes pour la fabrication du sel «spécial moulin», la coopérative investit 1 million d’euros cette année pour «passer en dur» la production. Il s’agit d’augmenter de 20 % la capacité de production de la coopérative au niveau du séchage, du tamisage et du broyage du sel. 200 000 euros seront également engagés pour améliorer sa capacité de stockage et sa traçabilité. Au total, Les Salines du Guérande auront investi 2 millions d’euros entre 2007 et 2008.
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Si Le Guérandais représente les deux tiers en volume comme en valeur du segment des sels de Guérande (57 % des ventes des sels d’origine), la marque s’intéresse à la RHD et à l’export comme relais de croissance importants. En deux ans, ses ventes à l’étranger ont doublé. Ronan Loison souhaiterait réitérer cette performance pour atteindre une part de 10 % de son chiffre d’affaires à l’export dans le même laps de temps.
Autre préoccupation de la coopérative : la demande d’IGP en cours afin de reconnaître le caractère géographique de la production du sel de Guérande. Ce dossier avait été stoppé en 1997 à cause d’un décret reconnaissant uniquement les sels contenant plus de 97 % de chlorure de sodium comme étant comestibles. « Nous nous sommes battus dix ans pour retrouver notre alimentarité que le lobbying des grands groupes industriels du sel avait réussi à nous retirer. Nous l’avons recouvré le 24 avril 2007 », souligne Ronan Loison. L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a confirmé en février dernier que ce produit ne présentait aucun problème sanitaire particulier.