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Semences Les semenciers orientent leurs recherches pour s’adapter au marché

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Suite à l’assemblée générale de l’Union française des semenciers (UFS), le 8 novembre à Paris, une table ronde réunissait chercheurs, anciens hommes politiques et représentants d’institutions. Les participants ont ainsi échangé sur les enjeux de la recherche variétale face aux futurs défis liés au resserrement des disponibilités en ressources, tels que l’eau, l’énergie ou l’utilisation de produits phytosanitaires, dont l’usage pourrait être limité en raison de leur impact sur l’environnement. Des sujets réglementaires ont aussi été abordés, comme l’adoption possible, fin novembre, de la réglementation Upov 1991, régissant le paiement des droits de propriété intellectuelle aux obtenteurs variétaux sur les semences de ferme.

«Les recherches doivent rencontrer un marché final », a déclaré Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint du secteur agriculture de l’Inra, le 8 novembre à Paris, lors d’une table ronde organisée par l’Union française des semenciers (UFS) suite à son assemblée générale. Selon lui, « s’il faut partir du consommateur pour orienter la recherche variétale, il est aussi nécessaire de prendre en compte les problématiques liées à la rareté des ressources ». Ainsi, le chercheur a insisté sur la nécessité de « produire plus et mieux avec moins car certaines ressources sont disponibles en quantités finies ».

La recherche variétale comme nouveau levier de la productivité
« Les ressources font de plus en plus défaut », a signalé Christian Huyghe. Il a ainsi rappelé que le manque d’eau est de plus en plus marqué dans de nombreuses régions du monde, et même récemment en France, et que l’énergie est une ressource finie dont l’efficience est faible dans l’agriculture européenne. « L’agriculture européenne est très énergivore pour une efficience relativement faible estimée à 1, entre l’énergie consommé à la production et celle potentiellement produite », a-t-il souligné. De plus, Christian Huyghe a aussi insisté sur le fait que les pollutions engendrées par les produits phytosanitaires en font une ressource dont l’usage pourrait être de plus en plus limité par les réglementations publiques, notamment le plan Ecophyto 2018. Ainsi, selon lui, « plus ces leviers, consommateurs de ressources, s’érodent, plus celui du progrès variétale doit se développer ». Cependant, il a indiqué que si la part génétique de la productivité en production animale est très importante, en ce qui concerne les végétaux, l’environnement au sens large, dont le climat et le sol, ainsi que la conduite de culture ont aussi beaucoup d’influence sur les rendements.

Protéger la propriété intellectuelle pour financer la recherche variétale
« De nombreuses espèces peuvent être améliorées, mais comment financer les recherches sur les espèces peu utilisées, dont la rentabilité est limitée ? », a demandé Christian Huyghe. Selon lui, si l’on veut financer la recherche variétale sur les « petites » espèces, on peut le faire avec les « grandes ». Et pour cela, le chercheur a préconisé le recours aux droits de protection de la propriété intellectuelle. C’est d’ailleurs dans cette optique que l’UFS a annoncé espérer l’adoption par l’Assemblée nationale de la convention Upov 1991, régissant le paiement des droits de propriété intellectuelle aux obtenteurs sur les semences de ferme, à la fin du mois de novembre. Ceci fait suite à son adoption au Sénat le 8 juillet dernier. Selon l’UFS, « cette convention contient des éléments indispensables à la reconnaissance du droit des obtenteurs », telle que leur rémunération liée à l’utilisation de semences de fermes issues de semences certifiées dans les exploitations. Enfin, l’UFS fait valoir que c’est une étape importante concernant la rémunération des recherches et du travail réalisé par les obtenteurs, ainsi que pour harmoniser les droits français et européens.

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