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Protection des plantes Les semenciers s'inquiètent d'une réduction de leur « boîte à outils »

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Thème d'une conférence de Saf agr'iDées le 24 juin, « Les semences : une pépite française » les semenciers voient leur « boîte à outils » se rétrécir. La réglementation est souvent vécue par les professionnels comme un frein à l'innovation.

« Il y a besoin de défendre la boîte à outils des semenciers », a déclaré Michael Keller, secrétaire général de la Fédération internationale des semences (ISF). D'après lui, une « prise de conscience » existe par rapport à cet enjeu, en lien avec la nécessité d'augmenter de 60 % la production agricole mondiale pour nourrir 9,5 milliards d'habitants en 2050. « Sera-t-on capable ou pas d'utiliser toute cette boîte à outils ? », a-t-il poursuivi. « Si l'Union européenne reste bloquée sur les OGM, la croissance de la production s'effectuera ailleurs. »

Une même frustration apparaît chez les chercheurs, comme l'a expliqué Hélène Lucas (Inra), coordinatrice scientifique du consortium international de recherche sur le blé Wheat Initiative. « Nombre de chercheurs se sentent lésés par le rejet des OGM » en Europe et de « ne pas être à fond dans les biotechnologies », a-t-elle regretté.

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Les semenciers voient aussi leur boîte à outils se rétrécir à cause du moratoire européen sur les néonicotinoïdes. « On n'était pas prêt » à leur interdiction, a souligné Jean-Pierre Despeghel, responsable de la section oléagineux Europe chez Monsanto. La mesure représente à ses yeux un vrai « coup dur en France, en Allemagne, en Angleterre » : « 300 000 à 400 000 ha de colza ont été perdus en Europe du Nord ». Son résultat est de plus contesté. « Sans néonicotinoïdes, encore plus d'interventions au champ sont nécessaires », a-t-il relevé.

Toute la difficulté est de maîtriser l'altise, un insecte ravageur. Des solutions sont recherchées via la création variétale. Jean-Pierre Despeghel a présenté le projet Varialt, d'un budget d'environ 600 000 euros, qui associe l'Inra de Rennes et divers sélectionneurs de l'UFS (Union française des semenciers). Il s'agit notamment d'identifier des sources de résistance à l'altise d'hiver. « Les sélectionneurs ont une pression terrible sur leurs épaules », a jugé le représentant de Monsanto. Et d'ajouter : « L'agroécologie a mis une pression supplémentaire ».